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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Prologue: "Le vieil homme et la M****"

Prologue: "Le vieil homme et la M****"

Prologue : la protagoniste.


De loin, on se disait qu’elle devait être grande dame…Ou riche demoiselle voire libellule. Quoi qu’il en fût, elle avait une démarche aérienne véritablement aristocratique et arborait un long manteau noir qui traînait au sol. Comble du goût dépravé d’une fin-de-race, ce manteau était constellé des têtes de visons ayant servi à sa fabrication et chacune de ces diaboliques têtes avait été figée en une magistrale expression d’intense, d’effroyable, d’éternelle agonie ! Et sous ce manteau l’on distinguait une taille plus fine que celle d’une guêpe à la diète. La dame avait dû se comprimer de longues années dans un corset étriqué jusqu’à suffocation, pâmoison...
Du reste, la silhouette avait ceci d’étrange qu’elle paraissait à la fois jeune, svelte, élancée et inextricablement voûtée, penchée et comme attirée par la terre.

Et puis, quand on s’approchait, on distinguait une main sortant du manteau, une main maigre, si maigre. On constatait alors avec stupeur que cette main n’avait que la peau sur les os…Enfin…Plus précisément, des lambeaux de peau sur les os. Des lambeaux en décomposition dont se gobergeaient des milliers de petits vers dotés de mandibules de lucarnes. Et cette infernale manducation faisait un bruit macabre, assourdissant, épouvantable.
C’est alors qu’emplis de terreur nos yeux remontaient le long du bras corrompu et pourrissant afin de chercher une aide, un visage, une explication et trouvaient deux orbites creuses et profondes. Une fois confronté aux ténèbres, la lumière se faisait : cette grande dame était la Mort et elle n’était pas là par hasard.

 

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