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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Prépare ton bac avec Sushi: 1/ La philo

Prépare ton bac avec Sushi: 1/ La philo

1/ L’épreuve de philo

Cher ami lycéen, il y a six mois le bac te semblait loin mais voilà, plus il approche plus tu sens la peur te tenailler les tripes comme le msaw6.jpgéchant torture la blondasse à gros nichons avec une pince Monseignor dans Saw VI (note ami djeunz que je suis ton alliée puisque toi et moi on a les mêmes références anti-culturelles de merde !).
Donc tu as peur : les couilles bien serrées entre tes jambes tu es parti acheter quatre annales baccalauréatiennes et les comprimés au phospho-magnésium censées réparer miraculeusement ta mémoire enfumée de cannabis.

MAIS FOUTAISES QUE TOUT CA !

Lâche tes annales et tes cachetons car Sushi est là pour te faire réviser donc pose tes petites fesses et sois attentif car on va débuter par la philo.
Tous les ans à la même époque, les JT français font leur une sur la première épreuve du bac, celle de philo…Et ça emmerde tout le monde !
Bon et comme y’a pas de raison que moi j’emmerde pas mon monde aussi, j’ai décidé de faire ma une sur la philo.

Philosophe_abuse_par_un_demon.jpgTout d’abord, qu’est-ce qu’un philosophe ? Etymologiquement, le philosophe est l’ami de la sagesse…Ils sont potes donc, ils se font des cinés, ils picolent des bières ensemble mais surtout, surtout, que font-ils jusqu’à tard le soir ? Non, ils jouent pas à touche-pipi, NOOOOON, ils fument pas des pétards, le drogue c’est le MAL (pff, que c’est con un jeune !) : ils discutent et se posent des centaines de questions existentielles un peu comme au début de chaque épisode de Heroes, du genre « Qui sommes-nous, que faisons-nous sur Terre, où allons-nous ? ».
Mais t’inquiète que la réponse c’est pas « Jean-Mickel, …Ben je me branle, je vais en cours, je bois des bières, je me rebranle et je dors, où vais-je ?...Chez Mouloud chercher du shit ! ». Non !

La réponse est la quête d’un système tentant de comprendre et d’expliquer la vie ! Je sais, c’est con et un peu impossible, c’est comme ce pédé de grec (Sisyphe)  condamné à rouler pour l’éternité son rocher en haut d’une montagne sauf que la montagne est toute savonnée et que le rocher retombe toujours, a priori ça sert à rien, c’est stupide comme activité mais Camus arrive à la conclusion que rouler son rocher ça rend heureux et donc, philosopher peut t’apporter le bonheur ! <=Ami jeune sache que tu peux ressortir cet exemple de Camus en évitant cependant de traiter Sisyphe de pédé !

Bon, maintenant que tu sais ce qu’est la philosophie, apprends à philosopher.
Pour te mettre dans l’ambiance philosophante tu as le choix :

1/ Tu te fous à poil dans un tonneau comme Diogène et vis dans la misère.

2/ Tu deviens presque aveugle et paralytique comme Nietzsche.

3/ Tu affrontes bravement la mort en buvant la ciguë comme Socrate.

4/ Tu passes sur tous les plateaux télé, avec un brushing impeccable et la chemise blanche grande ouverte comme Bernard Henri-Lévy.

article_SGE.HER95.200307221315.photo00.photo.default-512x33.jpg

(Attention, parmi ces quatre propositions se cache un intrus qui se fait passer pour philosophe, sauras-tu le débusquer ?!!)

A présent que tu es imprégné de philosophie, apprends à disserter.
Disserter consiste à répondre à une question avec notre copine la sagesse
(celle de tout à l’heure, la compagne du philosophe qui ne montre pas ses fesses néanmoins). Mais attention ; il ne s’agit pas de répondre oui ou non de manière péremptoire !

Exemple : Tu es confronté au sujet suivant « Peut-on prouver l’existence de Dieu ? ». Tu ne dois ni répondre « Ben non puisqu’il n’existe pas » ni « Ben oui, il m’a justement visitée la nuit dernière, je suis l’Immaculée Conception ».
Ca serait trop facile !

Exemple 2 : On te pond le sujet suivant « N’y a-t-il aucune vérité dans le mensonge ? ». Interdiction de dire « Ce sujet est débile, la vérité c’est la vérité, le mensonge c’est le contraire ! ».
La philosophie tend en effet à remettre en question les notions établies même si parfois ça peut sembler totalement inutile, abscons…Voire totalement con !

Exemple 3 : « Peut-on faire le bonheur d’autrui ? » et « Puis-je communiquer avec autrui ? ». Autre écueil à éviter ; ne pas écrire « Je refuse de faire le bonheur des truies ou de communiquer avec elles…Tout rapport sexuel avec des porcs étant désormais prohibé en raison des risques de grippe porcine. Par conséquent je refuse de faire ce sujet ». A éviter donc car le philosophe est rarement un marrant (y’a qu’à voir leurs gueules de déprimés dans gogole images pour s’en persuader), il ne sera donc pas à même de saisir ta kolossale finesse ! Et tu te plaindras pas de ton 0,5 !

socrate5.jpg

Conseils pour ta dissertation : Une bonne dissert de philo doit comporter trois parties. Classiquement, ces parties doivent comporter une thèse, une antithèse et une synthèse (bien que depuis quelques temps cette méthode soit critiquée).

En gros, dans ta thèse, tu es entièrement d’accord avec ta citation ; soumis, tu réponds « oui » systématiquement et présentes ton derrière à la citation tout en lui disant combien elle est belle et intelligente. Tu dois trouver aussi des arguments pour l’exciter…euh l’étayer.
Par exemple, si tu tombes sur le sujet suivant : « La religion est-elle essentielle à l’homme ? » ,
tu dois d’abord répondre « oui ». Pour étayer ta réponse, dois-tu citer notre président déclarant « Un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent » ???!
NON ! Mieux vaut citer un vrai philosophe un peu intelligent et qui écrit lui-même ses discours…Un type comme Voltaire qui a déclaré « Le dogme de la Providence est si sacré, si nécessaire au bonheur du genre humain, que nul honnête homme ne doit exposer ses lecteurs à douter d’une vérité qui ne peut faire de mal en aucun cas, et qui peut toujours opérer beaucoup de bien. » En gros, Voltaire pense que sans religion, sans la certitude du risque de punition divine, la société ne serait pas viable, les hommes s’entretueraient n’ayant plus de moyen de contrôle. Pas question de foi donc mais d’utilité publique.
Tu peux aussi citer des philosophes tels que Pascal ou Ricoeur qui, eux, profondément croyants, louent la religion d’un point de vue intime et personnel et ne sont donc pas foutus de réfléchir avec leur cervelle.

schopenhauer.jpgMais attention, dans ta deuxième partie, l’antithèse, tu vas te rebeller et péter la gueule à cette idiote de citation en criant haut et fort « Non, la religion n’est pas essentielle à l’homme !! ». Prenons en exemple le génial Schopenhauer qui a déprimé des millions d’êtres humains « Exiger l'immortalité de l'individu, c'est vouloir perpétuer une erreur à l'infini » (bon, il a aussi dit « La femme est un animal à cheveux longs et à idées courtes » mais tout le monde a le droit de dire une connerie de temps en temps !).
On peut aussi parler de Sartre pour qui « Pas besoin de grill : l'enfer, c'est les Autres. ». D’autres philosophes, notamment matérialistes, peuvent être mis à contribution.

Troisième partie : la plus dure, la synthèse.
L’idéal dans la synthèse serait de trouver le moyen de dépasser et de sublimer les arguments de la thèse et de l’antithèse…..Pas facile ! Et le plus souvent, comme on arrive pas des masses à sublimer, la synthèse ressemble à un « ptet ben qu’oui, ptet ben qu’non ».
Dommage car en principe la troisième partie est censée être la plus aboutie.
Dans notre dissertexemple, il me semblerait judicieux de citer Nietzsche : « Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé jusqu'à présent de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous notre couteau. — Qui nous lavera de ce sang ? Avec quelle eau pourrions-nous nous purifier ? Quelles expiations, quels jeux sacrés serons-nous forcés d'inventer ? La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop grande pour nous ? Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux simplement — ne fût-ce que pour paraître dignes d'eux ? » .
Le brave Nietzsche constate la mort de Dieu mais se demande si ces abrutis d'hommes décerébrés devant leur starac sont prêts à vivre sans transcendance : belle conclusion non ?

Dieu-vit-que-la-lumiere-etait-bonne-Genese-1-4.jpg

D’ailleurs, moi aussi je vais conclure ma chronique en te disant ceci petit lycéen : point besoin de connaître tous les philosophes et tous leurs courants, use d’une réflexion personnelle étayée de quelques théories qui t’ont plu au court de l’année scolaire !

Ps : Si t’arrives à écrire « Nietzsche », « Kierkegaard » et « Schopenhauer » sans faute tu gagneras deux points !