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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Méthode infaillible du Docteur Kawasaki. Episode 3: Comment je sauvai mon promis

Méthode infaillible du Docteur Kawasaki. Episode 3: Comment je sauvai mon promis

 

Je décidai de sauver ce jeune homme* ! Pour autant que faire ce peu, je fis rouler la chose imbibée à coups de coups de bottes à éperons (paskeu c’est plus marrant) jusqu’à chez moi après avoir préalablement recouvert tout le sol et les murs (ouais, tention aux projections) de mon appart de sacs-poubelle pour pas foutre du gerbi partout ou au cas où mon dulciné serait déjà clamsé (ou légumé) après une demi-heure passée à respirer son vomi.



bouche-a-bouche.gifEnsuite, je me dis que je devrais peut-être procéder avec le presque-macchabée à une séance de bouche à bouche vu qu’il avait pas l’air de réagir à mes coups de pieds ni de respirer des masses. Problème, je n’avais déjà pas envie d’approcher ma main de cette charogne approximativement-vivante alors tu parles que j’avais envie de poser ma merveilleuse et propre petite bouche purpurine sur son orifice buccal puant le vomi, l’alcool et la bouffe de mauvaise qualité (encore, s’il avait avalé du caviar avant, jdis pas). Je me munis donc du tuyau d’arrosage qui me servait usuellement à chouraver le diesel de la mob du voisin afin de le mettre dans ma chaudière. Je mis l’extrémité dudit tuyau au fond de la gorge du futur, l’autre dans ma bouche et je soufflai très fort…Et ça fonctionna ; ma charogne cracha, redégueula (voyez que j’avais eu du nez de mettre ces sacs-plastique) et rerespira sans toutefois reprendre connaissance!


Persee-brandissant-la-tte-de-la-Meduse-a18977779-copie-1.jpgJ’avoue, j’étais très fière de moi. Continuant sur cette bonne voie, remplie de charité chrétienne et de bonté bouddhique, j’entrepris alors de réchauffer mon jeune gars en lui pissant dessus, comme j’avais appris chez les scouts…Puis je me souvins que ce geste de premier secours n’était nécessaire qu’en cas de morsure de méduse. Qu’à cela ne tiennât, j’avais une grande envie de pisser et une grosse méduse avec marqué « Souvenir de l’île d’Oléron » au mur. Je posai la méduse sur la tête de mon promis au cas où il se demanderait au réveil pourquoi il était si pisseux.

 

Enfin, je le nettoyai en lui balançant quelques litres de javel au visage puis je l’observai attentivement. Les pectoraux tremblaient, beurrés par les sueurs; le torse était rayé de cercles de douves par la cage divulguée des côtes; les chairs gonflaient, salpêtrées et bleuies, persillées de morsures de puces, des sérosités rosâtres, des petits laits, des eaux semblables à des vins de Moselle gris, suintaient de la Grunewald_Isenheim1.jpgpoitrine, trempaient le ventre au-dessous duquel ondulait le panneau bouillonné d'un linge; puis, les genoux rapprochés de force heurtaient leurs rotules, et les jambes tordues s'évidaient jusqu'aux pieds qui, ramenés l'un sur l'autre, s'allongeaient, poussaient en pleine putréfaction, verdissaient dans des flots de sang. Ces pieds spongieux et caillés étaient horribles; la chair bourgeonnait. Au-dessus de ce cadavre en éruption, la tête apparaissait, tumultueuse et énorme. Elle pendait, exténuée, entrouvrait à peine un œil hâve où frissonnait encore un regard de douleur et d'effroi; la face était monstrueuse, le front démantelé, les joues taries; tous les traits renversés pleuraient, tandis que la bouche descellée riait avec sa mâchoire contractée par des secousses tétaniques, atroces.

Bref, il me plaisait bien ce petit gars-là.

 

 

Et à ce stade de mon histoire, chère lectrice, tu te dis « mais j’en ai rien à foutre de tout ça, Grognasse, t’as déjà écrit quatre pages et moi je sais toujours pas comment garder mon mec comme tu l’avais promis dans ton titre aguicheur. Puis ça urge parce que mon cheum là il est déjà en train de faire ses valises ! ».

 

 

Et moi je te répondrai seulement ceci : est-ce que tu fais chier Plus belle la vie quand un épisode se traîne sans rien t’apprendre de nouveau alors que tu brûles façon d’Arc (pas le cristal ni Mireille) d’apprendre le fin mot de l’histoire ?

Non, alors fais pas chier et reviens dans quelques heures/jours lire l’épisode suitant !