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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Les malheurs et déboires de Steevy (pauvre ours malheureux affublé d'un sobriquet ridicule) 4

Les malheurs et déboires de Steevy (pauvre ours malheureux affublé d'un sobriquet ridicule) 4

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D'après l'oeuvre de Leslie Tychsem : http://fricasseepourcamion.le-net.org/the/shop/ ou https://www.facebook.com/Tychsem

Le soir, dans son coffre à jouets, Steevy put enfin libérer les larmes qu’il s’était efforcé de retenir en journée. Il était le plus malheureux des ours, plus malheureux même que le bébé ours du film L’Ours quand il perd sa maman ourse, plus malheureux qu’un oursin dans un plateau de fruits de mer.
Non seulement son entrejambe le faisait abominablement souffrir mais en outre, toute son identité sexuelle avait été foulée aux pieds, piétinée au bulldozer. Steevy était perdu, il ne savait plus qui il était et il se mit à geindre douloureusement.
 

Cependant, une voix l’interrompit sèchement : « T’arrêtes de chouiner oui ? Tu crois être seul à avoir été mutilé ? ». La voix était celle d’une barbie unijambiste dont la tête avait été remplacée par une ampoule. Elle mit sa jambe dans une prise afin d’éclairer un peu ses propos. En effet, à la lumière, Steevy put observer la multitude de jouets mutilés, amputés, défigurés, éborgnés, retranchés, écorchés…Mais ce soir-là était spécial. Ce soir-là avait lieu la grande réunion intersyndicale des jouets martyrisés. L’ordre du jour était le suivant : « Trouver le moyen de stopper l’oppression jouettale ».

 

Steevy se montrait fort intéressé par ce qui se passait et il se porta volontaire pour jouer les modérateurs de joujoux. Au début, tout se déroulait à merveille, les intervenants se donnaient du « Cher ami » ou  « Mon estimé confrère », le service à thé miniature avait été sorti, c’était charmant ! Pourtant, peu à peu, les « Cher ami » devinrent « Sale marxiste », « Jaune », « Stalinien » puis « Traître » et enfin « Pute vendue au capital ». Autant vous dire qu’à ce moment, Steevy ne modérait plus rien ! Pis, à un moment, il reçut en pleine face « Toi le travelo, on t’a rien demandé ! » Alors il s’éloigna et observa.


Parmi les syndicalistes se trouvait un gros ours gris à lunettes qui avait un cheveu sur la langue et un air de profond niquedouille. En le voyant, Steevy avait brillamment déduit que la charge de dirigeant syndical devait être héréditaire car il n’était pas envisageable que quiconque votât pour ce benêt là !

Néanmoins, le niais monopolisait éhontément la parole et les caméras présentes. Son projet était de négocier avec la grande patronnate. Il la pensait suffisamment bienveillante pour comprendre la douleur des jouets. Là, ce fut la curée : la moitié des jouets voulait le suivre et tenter un règlement à l’amiable du conflit. L’autre moitié voulait prendre les armes et tuer l’infâme et diabolique fillette pachydermique. A priori c’était un bon plan sauf que les égalitaires souhaitaient fabriquer une bombe tandis que les trotsnowboardistes voulaient régler ça au pic à glace. Enfin, les léministes avaient décidé de momifier la chiarde vivante!


Or, pendant que tout cela se battait, les pisse-froids avaient entrepris de réveiller Veruca et commencé à lui exposer leurs revendications avec un gros bouquet de fleurs. La bête immonde se leva. Un éclair noir zébra son regard et Steevy sut que le temps était venu de fuir. Il avait raison, ce fut un bain de ouate ! Heureusement, une fenêtre fut cassée au cours du génocide. Notre ours sauta et disparut dans la nuit noire.

A suivre...