Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

Menu
Les malheurs et déboires de Steevy : la fin, enfin !!

Les malheurs et déboires de Steevy : la fin, enfin !!

487744 350933348317511 1645354516 n
D'après l'oeuvre de Leslie Tychsem http://fricasseepourcamion.le-net.org/the/shop/

 

Résumé de l'épisode précédent: l'ours Steevy est kidnappé par une chouette qui le prend pour un saumon. Celle-ci étant sourde, elle demande à la peluche de regarder l'émission de Cyril Lignac sur la cuisine du saumon et de noter toutes les étapes afin de réaliser une merveilleuse recette.

 

Une fois l’émission cunilingoculinaire finie, la chouette ramena Steevy au nid et lui ordonna de lire sa recette de saumon.  L’ursidé pelucheux obtempéra, sorti ses demi-lunes de sa lune à lui et ânonna consciencieusement : « Pour préparer un bon saumon poilu, libérez-le tout d’abord de ses liens et glissez deux-cents euros dans sa poche arrière-droite pour le métamorphoser en saumon à l’oseille. Puis, faites un feu dans votre nid et installez-y une cocotte en fonte. Le temps que l’eau boue, fermez les yeux, relaxez-vous, imaginez-vous caressant votre saumon, lui retirant délicatement la peau, sa jolie peau diaphane, lentement, très lentement…  et comptez jusqu’à dix-mille.»
 

Tandis que la chouette obtempérait, notre ours malin en profita pour fuir. Il était très fier de lui. Cette fois-ci, la chance avait tourné, plus rien ne pourrait l’arrêter !  …Sauf une cheville qu’il heurta de plein fouet !
Steevy leva la tête : la cheville était surmontée de grandes pattes menant à une culotte Petite barque trouée. Et sous ce trou il y avait…gasp ! Vite, Steevy leva les yeux encore plus haut et vit un visage d’humaine. C’était une face allongée et sévère, de longs cheveux noirs, de grands yeux bruns et un bouton sur le nez.
Steevy comprit tout de suite : c’était une sorcière ! Vite, il prit ses jambes à son cou, chut lourdement par terre… L’inconnue se pencha vers notre ours, l’assomma prestement et le mit dans son sac !


Lorsque Steevy se réveilla, non seulement il avait un mal de crâne épouvantable mais en plus il était attaché sur une table d’opération. L’humaine le contemplait, une aiguille à la main. Quelles tortures allait encore subir notre pauvre héros ?

La sorcière mania prestement son aiguille avant de verser un étrange liquide sur Steevy...Sans doute était-ce de l’acide sulfurique ! La peluche cria comme un cochon-qui-rit démembré par un cruel enfant mais soudainement, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas mal. Ouvrant les yeux, notre ours vit que la sorcière avait refermé son semblant de vagin et qu’à présent, elle shampouinait vigoureusement son pilou afin d’en retirer la teinte rose !


Enfin, elle libéra Steevy, s’alluma une clope à la sauge et parla : « Désolée de t’avoir assommé et attaché mais tu étais hystérique. Tu te sens mieux maintenant que tu as retrouvé visage pelucheux ? Comment t’appelles-tu ?

- Steevy.

- Oulà –grimaça la sorcière- je parie que la personne qui t’a affublé de ce détestable sobriquet l’a choisi exprès pour te faire souffrir ! En même temps, regarde ta tête de martyr, tes grands yeux douloureux. Y’aurait écrit « frappe-moi » sur ton front que ça serait pas pire ! On dirait que t’as été créé pour te faire tabasser, on dirait un mix de Cosette et d’Elephant man, on dirait Jean-Claude Van Dame luttant pour faire un alexandrin…

- Ouais bon ça va, vous acharnez pas ! »


Tout à coup la sorcière redevint sérieuse : « Si tu veux, je peux arranger ça. Recouche-toi sur la table d’opération ; ça tombe super bien, voilà l’orage ! »

Et l’orage arriva avec son noir cortège de vent et de nuages. Et le tonnerre frappa l’ours tandis que la sorcière folle glapissait : « Il est vivant, vivant !! ».
Steevy ronchonna : « Ouais c’est bon, j’étais déjà vivant avant ! ».


Cependant, la stupeur le gagna lorsque l’humaine lui tendit un miroir : il n’était plus le même, il avait l’air acerbe, félon, haineux, amer et brutal. Bref, il avait l’air odieusement méchant grâce à la greffe de deux gros sourcils froncés qui dégageaient une odeur pestilentielle : « Je les ai piqués à Christopher Lee, avoua la sorcière. Il doit rester quelques lambeaux de peau en putréfaction dessus, tu me pardonneras ! Néanmoins, le résultat est impeccable. Maintenant que tu as un regard de tueur, tu vas agir comme tel car tu es un ours nouveau. C’est pourquoi je te débaptise. Choisis-toi un nom ! »

L’ours réfléchit un moment : « Je m’appellerai dorénavant Eglantin !

- Mouais, t’es sûr que tu préférais pas Steevy ?! »


La peluche lui lança un regard si noir que les jambes sorciériques flageolèrent. Pourtant ce n’était pas contre cette créature que la fureur d’Eglantin était excitée. Il se saisit d’un couteau et sortit de la maison.


Deux heures plus tard, il revenait méconnaissable. Un sourire sadique déformait sa bouche, sa fourrure était maculée de sang et ses yeux noirs brillaient d’un éclat satanique. Il traînait un sac de jute suintant de liquides corporels.  Lentement, il ouvrit le sac et en sortit tour à tour un scalp de fillette taille 63, deux têtes réduites de piverts, une queue de bichon affublée d’un petit nœud rose et un collier en plumes de chouette. Puis il se tourna vers la sorcière : « Au fait, tu m’aurais pas assommé tout à l’heure ?

- Tu sais quoi Eglantin ? – dit l’humaine en attrapant discrètement une batte de base-ball qui traînait dans le coin- Maintenant que tu t’es bien vengé, je vais te retirer ces sourcils ! »


De nouveau, Eglantin fut assommé et opéré. A son réveil, il était redevenu adorable mais cela n’eut plus jamais de conséquences fâcheuses car la bienveillante sorcière avait décidé de l’adopter.

Comme elle était aussi un peu artiste, elle élabora à l'aide des abattis sanguinolents ramenés par l’ours (précédemment) vengeur et de sa batte une sculpture de chair sanglante nommée « Anthropométrie de la batte de base-ball ». Cette œuvre eut un énorme succès à la FIAC et fut achetée par Jack Lang.


Désormais riches, Eglantin et la sorcière-à-qui-je-n’ai-toujours-pas-trouvé-de-nom-car-elle-se-reconnaîtra vécurent heureux et cultivèrent paisiblement leur potager.