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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Les bus, les vieux et leurs ratiches

 

Savez-vous, chers lecteurs, que moi, je suis un gens du peuple et que, par conséquent, je prends régulièrement le bus pour mes pérégrinations d'honneste travailleuse (pour me rendre au bois de Boulogne quoi)? 


Et néanmoins, parfois, je comprends cette brave Alliot-Marie et notre beau président qui préfèrent prendre un jet privé ou un avion présidentieux pour faire une trentaine de kilomètres et sachez que moi, contrairement à Merkel qui prend le métro comme elle chierait sa quotidienne choucroute digérée, je suis une petite chose mignonne et fragile à la peau diaphane et sensible qui ferait pareil que nos dirigeants si elle en avait la possibilité. 

 

Mais bref, pourquoi me répands-je en de telles futilités longuettes et bourgeoises ?!

 

Tout simplement parce que je souffre dans ma chair à cause des vieux et de leurs ignobles chicots pourris dans le bus.

 

Je m'explique; il y a deux semaines, le lundi, alors que je rentrais chez moi en bus, une petite vieille et son encore-plus-petit-vieux de mari pénétrèrent dans mon moyen de transport. Il s'agissait de petits vieux lambda, c'est à dire horriblement moches, mal habillés, puants et dépourvus de lèvres (je parle bien sûr des lèvres du haut). D'ailleurs, avez-vous remarqué que les lèvres des vieux deviennent de plus en plus fines au point de disparaître totalement?

 

C'est sans doute à cause des grimaces de choquitude et de désapprobation qu'ils font tout le temps en regardant les jeunes dire des grossièretés.

 

Mais bref, de suite, mon oreille fut impitoyablement agressée par une sorte de grincement strident et racleux tout à la fois. D'abord, je ne compris pas ce qu'il se passait: mon petit vieux décrépit, lui, se rappelant sans doute le bon temps de la galanterie sous Pétain, aidait sa femme (pourtant un peu plus fraîche que lui) à s'asseoir en manquant se casser binette et coccyx.

 

Puis il s'assit enfin pile en face de moi et c'est là que je compris l'origine du bruit: mon croulant proche de la tombe ne cessait de remuer sa vieille mâchoire croupite avec une force assez incroyable pour son âge et, de ce fait, ses dents grinçaient au point qu'elles couvraient le bruit du bus et de la ville, si bien que je les imaginais s'effriter simultanément dans sa bouche.

 

Le bruit de mille craies sur un tableau aurait été plus supportable!

Je crus que j'allais devenir folle, hurler, sauter du bus et je jetai à mon fossile vivant un regard d'effroi mais avec en prime un petit quelque chose de Charles Manson sous amphét!

 

Du coup, le vieux cessa de faire grincer ses dents une minute...avant de recommencer de plus belle: quel toc odieux, quel pica détestable! J'étais donc obligée d'attendre patiemment que ses dents se fussent entièrement dissoutes au fond de son estomac?!! 

 

Heureusement, le grand Ganesh eut pitié de moi car l'arrêt de bus où je descendais se présenta bientôt à mes regards éplorés. Je sortis de là agitée de tremblements nerveux et me demandant comment la femme de ce monstre ne l'avait pas encore achevé !

 

Deuxième épisode: le jeudi, je rentrais chez moi en bus quand un autre petit vieux s'y engouffra et s'installa avec difficulté juste en face de moi (comme quoi, je dois attirer les plus de 80 ans).

 

Nul bruit n'accompagnait cette entrée et je commençais à me détendre quand mon vétuste sortit tranquillement la main gauche de sa poche et l'approcha ostensiblement de ses dents que les lèvres avaient préalablement découvertes et exposées aux regards de tous !

 

Et là, horreur! Le périmé se mit à tirer avec force sur toutes ses dents, une par une, comme un enfant qui veut arracher ses dents de lait branlantes.

 

Sans doute savait-il ses chicots pourris, sans doute qu'il s'en était déjà arraché quelques uns dans sa salle de bain mais là, tenter de s'ôter de force ses dents dans le bus, c'était plus que je n'en pouvais supporter et déjà, je me l'imaginais, deux ou trois dents à la main, le sang pissant de sa bouche mutilée, me demandant un mouchoir où ranger ses restes de chicots estropiés !

 

La nausée commençait à m'envahir mais heureusement, Vishnou eut pitié de moi car mon arrêt de bus se présenta bientôt à mes yeux éplorés !

 

Bref, à la suite de ces douloureuses expériences, plusieurs choix se proposent à ma réflexion:

 

1: Je fais exploser tous les bus de ville (mais c'est emmerdant pour aller bosser).

 

2: Je fais péter tous les vieux qui seraient tentés de prendre le bus (mais j'irais en taule et dans ce cas-là, c'est toujours emmerdant pour aller bosser).

 

3: Je mets de la nitroglycérine en douce dans toutes les pastilles Vichy pour que sautent toutes les dents des vieux (mais toujours le même problème : prison => privation de boulot).

 

4: Je change de moyen de locomotion et me rends au boulot en Zélium.


Moralité : Zélium résout vraiment tous nos problèmes !