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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Le retour du Roi des rois

Le retour du Roi des rois

Un jour, l’Eternel Dieu fut irrité contre son fils. Alors, il lui apparut dans une flamme de feu qui sortait du milieu d’un buisson et Jésus se leva lentement pour dire : « Arrête ton char, René. Y’a que ces crétins d’humains pour gober tes effets pyrotechniques d’amateur ! ».

Piqué au vif, Dieu s’assit en silence sur un ange qui passait par là : « Justement Fils, parlons-en de ces humains. Je t’en avais confié la questance, t’en souvient-il ?!

-…

- Je t’avais ordonné de me manager ce gros tas de merde. Où sont mes bénéfices ? Où sont les holocaustes consumés par le feu, d'une agréable odeur à l'Éternel ton Dieu ? Contemple notre paradis, Fils : nous vivons dans l’indigence ! Jadis, nos anges, dûment gras-de-culés, voletaient gaîment au-dessus de nos faces, nous présentant ainsi un spectacle des plus charmants. Aujourd’hui, ne recevant plus le fumet des sacrifices, toute leur dive graisse a fondu comme raclette en poêlon. La peau flasque et ridée de leur postère, leurs joues creuses et grises nous agressent journellement l’œil ! »

Dieu fit une pause ; un ange famélique passait en ahanant. Puis l’Eternel reprit : « Depuis combien de temps n’es-tu point allé sur Terre afin de chaperonner nos humains ?

-Euh…-Gêné, Jésus se racla la gorge- Quelques siècles à la louche…Un ou deux millénaires peut-être. Pas plus ! Je fais bien mon boulot moi ! Personne pourra me dire que j’ai été nommé sur ce poste par piston ! Mais j’expérimente la méthode Freinet ; ces humains sont très autonomes et je suis sûr qu’ils appliquent ta loi sans moi ô mon très Eternel géniteur ! »

Apparemment, Dieu n’aimait pas Freinet car, dans un sabir incompréhensible, « Moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération», il lévita avant d’expédier son fils direction la terre.

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Et Jésus atterrit lourdement dans une des nombreuses mares de merde du Berry (à moins que ce ne fût en Bretagne…). Péniblement, il se redressa et appela un ange ex-graducul pour le sortir de cette merde au sens propre. Au lieu de ça, un troupeau d’étranges créatures terrestres s’approcha avec curiosité. Jésus fit la moue ; le paternel avait décidément bien merdé sur cette planète. Les créatures étaient massives, courtes sur pattes, rougeaudes…Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Des phacochères ? Des porcs ?

La réponse ne se fit pas attendre : « Qui ch’est che type ? L’est habillé comme une fiotte ! ».

Diantre ! Ca parlait ! Ces choses hideuses étaient donc des hommes, faits à l’image de Dieu et censés multiplier, remplir la terre, et l'assujettir; et dominer sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre ?! Qu’ils avaient mal tourné en seulement deux millénaires !

Jésus en était là de ses réflexions quand l’un des humains, remarquant son auréole s’écria : « Par la mort Dieu ! Ch’est quoi che truc qui brille ?! ».

Alors Jésus lui lança un regard glacé comme la mort : « Celui qui blasphèmera le nom de l’Éternel sera puni de mort : toute l’assemblée le lapidera. Qu’il soit étranger ou indigène, il mourra, pour avoir blasphémé le nom de Dieu. » En l’occurrence, l’assemblée s’entre-regarda puis regarda son dieu vivant avec stupeur et un air particulièrement stupide. Et notre dieu vivant comprit qu’ils n’avaient rien compris et il comprit qu’il devrait châtier seul l’impudent. Alors il se saisit d’une pierre et la lança sur le blasphémateur.

Aussitôt le troupeau se réunit et chacun brandit un bâton de pouvoir fait de bois et de métal. « Vous vous gaussez, fit Jésus, savez-vous que je peux changer l’eau en vin ? ». Un moment, les humains salivants baissèrent leurs engins, zieutant s’il ne se trouvait pas, par hasard, quelques hectolitres d’eau dans le coin. Il n’y en avait pas. Deux douzaines de détonations aussi tonitruantes que le tonnerre de Dieu retentirent.

Alors, Jésus s’enfuit comme un pleutre se retira dans le désert pour méditer à la plus sage manière d’aborder les humains. Et pour mieux méditer, il portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Puis il décida d’arrêter de s’alimenter car les nourritures terrestres troublaient son esprit et parce que les sauterelles ça colle la chiasse à force. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim et sentit une délicieuse odeur de jambon braisé et de vin.

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Il suivit ce délicat fumet et se retrouva face à Jeanne d’Arc qui paraissait bien frigide (mais cela avait toujours été et cela sera toujours) et bien rigide car elle avait été statufiée. Autour d’elle se pressait une foule nombreuse qui semblait –ô miracle- prier la sainte. Alors, à son tour, sans craindre d’abîmer son manteau en chameau, Jésus tomba à genoux et pria. Lorsqu’il se releva, il put contempler à loisir une bien sainte scène : une femme blonde au physique porcin déposait une gerbe…de fleurs aux pieds de la statue. Il s’agissait là d’un noble holocauste mais jamais celui-ci ne nourrirait Dieu et ses anges fessus.

Le fils de Dieu s’approcha donc et monta sur le socle de la statue aux côtés de cette blonde Eve un peu ratée. Il se saisit du micro dans lequel elle aboyait. De sa bouche sortirent ces mots : « Salut, moi c’est Jésus ! En vérité, je vous le dis : c’est gentil de déposer des fleurs pour mon paternel mais c’est pas ça qu’il veut. Ecoutez ses recommandations : au commencement de vos mois, vous offrirez en holocauste à l'Éternel deux jeunes taureaux, un bélier, et sept agneaux d'un an sans défaut. Merci pour votre écoute. On attend vos sacrifices au paradis ! ».

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Joie, joie, joie immense et céleste : la femme blonde fit un signe discret en direction de deux hommes musculeux qui s’approchèrent du Christ. Et Jésus riait en son cœur car ces hommes lui paraissaient être de puissants sacrificateurs aptes à manier le sanglant maillet de l’holocauste. « Menez-moi choisir et oindre les présents de Dieu, mes fils ! » disait-il. Mais notre Sauveur se fourvoyait encore. Les colosses prirent Jésus, et le battirent de leurs verges. Ils tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, puis, s'approchant de lui, ils dirent: « Espèce de fou, tu nous prends pour des barbus ? Tu veux qu’on égorge des moutons dans nos baignoires ?! » Et ils lui donnèrent des soufflets, des coups de taser jusqu’à ce que Jésus choie dans la boue.

Mais une jeune femme de l’assemblée fut émue de compassion lorsqu'elle le vit. Elle s'approcha et banda ses plaies en y versant de l'huile de friture et du beaujolais nouveau. Cette femme se nommait Marie-Madelon. Elle-seule avait reconnu notre Sauveur ; à partir de ce jour elle l’accompagna partout où il se rendait afin de propager la bonne parole et la science des holocaustes.

Un jour, en passant, Jésus vit un homme assis au bureau des taxes et qui s'appelait Matthieu. Il lui dit: «Suis-moi.» Cet homme se leva et le suivit car il était simple d’esprit. Ainsi, glanant dans les hôpitaux, les asiles, les sanatoriums et les prisons, Jésus se constitua un groupe de disciples fidèles. Ensemble, ils portaient leurs pas jusques aux abattoirs de la ville, y prélevant journellement leur divine taxe animale qu’ils sacrifiaient et brûlaient en priant et en forniquant car Dieu est amour et Marie-Madelon aussi !

Oh, que cette vie sainte de rapines, d’orgies et d’incendies était douce !

Mais, dans l’ombre, le Malin riait de son petit rire strident avant de contempler d’un œil libidineux Marie-Madelon tout en pignolant son absence de sexe et en rageant de n’être qu’un ange !
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En effet, le malheur s’abattit sur la communauté : Marie-Madelon fut atteinte d’un mal terrible et insidieux, la conjonctivite. Elle alla chercher conseil auprès du fils de Dieu qui, muet de tristesse, lui dit : « Ma sœur, si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. » Alors Marie-Madelon sut ce qui lui restait à faire et se munit d’une cuiller…

Mais les malheurs de Marie-Madelon ne s’arrêtèrent pas là car l’œil du Malin était sur elle. Deux jours plus tard, la pauvre créature développa des verrues sur les deux mains. Elle alla chercher conseil auprès du fils de Dieu qui, muet de tristesse, lui dit : « Ma sœur, si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne. » Alors Marie-Madelon sut ce qui lui restait à faire et se munit d’une scie circulaire…

Mais les malheurs de Marie-Madelon ne s’arrêtèrent pas là car elle développa tour à tour une ampoule au pied gauche, une mycose au pied droit, un herpès vaginal, un souffle au cœur et un grain de beauté suspect sur le crâne…C’est ainsi qu’elle quitta petit à petit la communauté avant de rejoindre enfin son Créateur.

C’est alors qu’un des disciples de Jésus le trahit. Un jour, les gendarmes toquèrent, pénétrèrent dans le temple du Seigneur et y trouvèrent des vestiges d’holocauste et les bribes de Madelon. Alors ils arrêtèrent le fils de Dieu qui se rendit sans colère ni surprise.

Un procès eut lieu au cours duquel Jésus fut ignominieusement accusé de tous les maux. Terrorisés par l’immense moumoute du juge, tous les disciples renièrent leur Sauveur. Mais celui-ci leur pardonna cette trahison. Il était serein et lorsqu’on l’appela à la barre, il déclara : « Je n’ai point de peur car je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde; maintenant, grâce à vous, je quitte le monde et je retourne vers le Père ».


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C’est à ce moment-là, son avocat lui expliqua que la peine de mort avait été abolie en France. Alors, Jésus pâlit avant de faire de grands moulinets de ses saints bras et d’accuser Matthieu d’avoir tué la grosse pute, c’te salope impudique de fille de Babylone !

Il fut condamné à perpétuité ; c’était emmerdant pour résurrecter !

 


Nb : Les parties en italiques sont des vraies citations de la Bible (parfois légèrement améliorées). Si tu parviens à dire précisément de quel livre, de quel chapitre et de quels versets elles sont issues, tu gagneras ta place au paradis et un bon de réduction pour un hamburger !