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La polysémie de la nouille

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La vraie vie des ékrivains krevés : Maupassant le possédé !

La vraie vie des ékrivains krevés : Maupassant le possédé !

Ce soir, je vais faire encore mieux que TF1 et son émission des «les-30-histoires-les-plus-10630495jwzmx_76.jpg Trente mystères les plus mystérieux ». Je vais vous parler d’un écrivain qui n’était pas seul dans sa tête et qui, selon la légende, aurait été doté de nombreux pouvoirs cosmogonico-maléfiques !

 

Notre écrivain est né le 5 août 1850 à Fécamp…Ou dans le château de Miromesnil* voire les deux à la fois puisque des paysans prétendent que notre héros avait le don d’ubiquité ! Bref, on ne sait pas vraiment où est né ce foutu chiard !
En tout cas, certains disent que la génitrix de notre auteur refusait que son bébé naquît à Fécamp, « ville qui puait la morue »* et qu'elle aurait fait falsifier le certificat de naissance de son fils*. Et pourtant, des morues il en connaîtra plus tard notre Gus !


Quoi qu’il en soit, notre écrivain est un bébé sain et costaud*, ce qui est rare à une époque où l’on devait pondre une portée de douze pour être sûr d’avoir au moins un héritier à sa mort.
 

Les parents de notre auteur se nomment Laure et Gustave*. Elle est une femme énergique, presque hystérique et ultra-protectrice envers ses enfants*. Il est bellâtre, un peintre de paysages raté et chaud-lapin qui vit comme un grand artiste sans en avoir les moyens*.

 101-1909_2_bellange-zoom.jpg




Un petit frère naît en 56* mais très vite, Gustave, ruiné, est obligé de prendre un (vrai) travail* : fi le gueux ! La famille monte donc à la Capitale* (bon, sur un plan géographique, ils descendent plutôt) avant de redescendre (remonter en fait) en 1860 à Etretat*, amputée de son membre viril. En effet, après un énième cocufiage, Laure a quitté son mari* : elle a pris ses mioches sous le bras et elle est rentrée en Normandie.
 

Là, notre petit Guy (parce que c’était lui) fait des rencontres intéressantes : un jour, en se baladant, il tombe sur Corot qu’il prend pour un paysan*. Bien plus tard, il trouvera à Etretat  « un gros homme graisseux et sale [qui] collait avec un couteau de cuisine, des plaques de couleur blanche sur une grande toile nue. »* Cet homme-là c’est Courbet*…On comprend alors que notre ékrivain krevé soit devenu écrivain et non peintre comme Papa !

 

courbet.autoportrait.selfportrait.jpg

Mais revenons à la jeunesse de notre héros. Pour le moment, il est un peu mystique* alors en toute logique, on le colle en 1863 au séminaire d’Yvetot*. Mais Yvetot ne vaut pas Constantinople ! Guy s’ennuie et se sent comme en prison*.

Heureusement, pour s'amuser il y a les vacances à Etretat! En 1864, Guy y assiste au sauvetage du plus grand poète vicieux et britannique (mais à l'époque, ces deux mots sont des pléonasmes), Swinburne*. Ce dernier l'invite chez lui en compagnie d'étranges amis. On lui servira du singe rôti*, on masturbera un singe (vivant cette fois) devant lui*(je ne comprends pas cette obsession pour les singes...Paraît-il qu'à cette époque, la population simiesque mondiale a décru de moitié...Maintenant on sait pourquoi!) et le grand Swinburne lui offrira une véritable main d'écorché humaine* qu'il gardera toute sa vie et qui lui inspirera sa nouvelle "La main d'écorché"*. 


Désormais renseigné sur la carrière littéraire, Guy se fait virer ou "retirer" de son séminaire en 1866*. Une fois encore, les témoignages divergent*. Maman prétend avoir retiré son choupinet car le séminaire lui avait refusé une dispense de maigre demandée en raison de la faible santé de Guy*. Etrangement, le galopin à la douteuse dualité ne s’en tient pas à cette version des faits et se gausse d’avoir été exclu pour « irreligion et scandales divers »* ! Il aurait volé des nourritures terrestres et leur alcool aux religieux* (et ça, les curés ils pardonnent pas !!) ou composé des poèmes libertins*…Le diable le possédait déjà !

 

diablo_3.jpg

 


Le diable le possédait mais la muse semblait l’avoir oublié si l’on en croit ses poèmes de jeunesse :

Lentement le flot arrive
                    Sur la rive
Qu'il berce et flatte toujours.
C'est un triste chant d'automne
                    Monotone
Qui pleure après les beaux jours.*

 

Par respect pour le grand auteur que sera plus tard Maupassant, nous ne commenterons pas ce poème, pas même les rimes « arrive »/ « rive » ni « toujours »/ « jours »…

 

Malgré ses premiers écrits peu prometteurs, Maupassant sera autorisé à suivre une classe de rhétorique au lycée impérial de Rouen*.

 

A suivre...