Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

Menu
La vraie vie des ékrivains krevés. -8- Ronsard, dragueur poissard

La vraie vie des ékrivains krevés. -8- Ronsard, dragueur poissard

Pierre de Ronsard est né le 11 septembre 1524* (11 septembre ? Déjà un mauvais présage, pauvre enfant !) près de Vendôme, au château de la Possonnière* appelé ainsi car Madame Ronsard ressemblait à une morue et qu’elle criait très fort.

Le petit Pierre est un enfant prodige de nullité : lorsqu’il atteint sa neuvième année, son Papa Louys, ancien chevalier qui a des relations*, l’envoie au collège de Navarre*. Malheureusement, Pierre est sous-doué, ses résultats sont catastrophiques* et de honte, son Papa décide de faire son marché en armure pour éviter qu’on ne le reconnaisse comme étant le père du merdeux nul !

 

robocop-armure.jpg


Du coup, faisant encore jouer ses relations*, Louys envoie son fils âgé de douze ans à la cour* afin qu’il devienne le petit page de François, dauphin de France*…Non, pas comme Flipper…C’était le fils du roi François 1er quoi* !
Manque de bol, le dauphin crève au bout de trois jours* : je sais pas si la vue de ce laideron de Pierre lui a causé une attaque mais quoiqu’il en soit, il faut avouer que le jeune Ronsard était bien poissard !

 

Après avoir tué son premier maître, Pierre entre au service de la fille du roi, Madeleine de France*…Nom étrange vu qu’elle vivait en Ecosse avec Jacques Stuart*. Mais, encore une fois, Pierre prouve sa néfaste influence : Madeleine meurt de phtisie en 1537*. Deux morts suspectes en quelques mois forcément ça fait tache sur un cv de page alors notre Pierre retourne en France en 1540*. Il est fait écuyer* et on pense alors qu’il est casé, qu’il va adopter la carrière militaire comme Papa !...Mais même ça il foire : en effet, Ronsard Junior est à moitié sourd* et ça, c’est pas pratique quand l’ennemi se glisse sournoisement derrière ton dos, armure et kalashnikov à la main pour te dézinguer.

 

Reste la question qui turlupine : qu’à fait Ronsard pour devenir sourd ainsi, à même pas vingt ans ? Hé, psssssssst, la masturbation rend sourd !! Hé bien non ; c’est à cause des otites à répétition* …Officiellement du moins !

Pierre a tout raté, il retourne chez Papa/Maman au château de la Possonnière*.
C’est là qu’il découvre dans la bibliothèque des vieux livres moisis : Horace et Virgile. Au début il pense s’en servir comme PQ parce qu’à la Renaissance tu galérais pour trouver du Motus triple épaisseur ! Et puis finalement il décide de les lire*, c’est la révélation, Ronsard découvre sa vocation, il sera poète* !
Mais son père ne l’entend pas de cette oreille, lui qui n’est pas sourd ! Il insiste pour que son rejeton se rende à l’université de Paris*…Mais meurt en 1544* en écrivant de son sang  "Pierre m’a tuer : ptit con va !".

Maman Ronsard suit son époux dans la tombe en 1545* et Pierre se retrouve tout esseulé dans son château. Il distrait son ennui en se rendant, comme dans les contes de fées, à un bal à Blois* où il rencontre belle Cassandre Salviati*. Cassandre est noble, Cassandre est charmante, Cassandre est séduisante…Cassandre a treize ans*…Mais à l’époque on ne connaissait pas encore le sens du terme « pédophilie » donc Cassandre devient la Muse, l’inspiration de Ronsard*.

 

Pour elle, il met au point sa fameuse technique de drague dite du « tu vas crever bientôt mais c’est pas grave, si on baisait avant ? » qu’il met en pratique dans sa fameuse Ode à Cassandre* :

 

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

 

Bon, je vous résume le truc : étape 1/ Tu emmènes ta belle au jardin 2/ Tu lui dis « viens on va voir la jolie rose qui te ressemblait » 3/ « Merde, ta rose est toute fanée, ridée comme le derrière de Jeanne Calment » 4/ « Il t’arrivera pareil tu sais » 5/ « Oh un bosquet, on va baiser ? ».

 

Cinq étapes incontournables et inratables…Qui ratent pour Pierre de Ronsard. En effet, la jolie Cassandre épouse un vieux barbon en 1546* en déclarant « tout sauf ce pou de Ronsard ! ».  

 

Ronsard.jpg

 

Qu’à cela ne tienne, Ronsard suit alors les cours de grec du fameux humaniste Dorat*, crée sous son influence et avec ses amis Joachim du Bellay, Etienne Jodelle, Jacques Peletier du Mans, Pontus de Tyard, Jean Antoine de Baïf et Rémi Belleau* le groupe de poètes de La Brigade qui deviendra plus tard la fameuse Pléiade* (comme la collection de bouquins super chers oui !). 

 

En 1552, ses recueils de poèmes Les Odes et Les Amours de Cassandre, inspirés par…paaaaaaaaaaaar ? Allez, petit jeu pour gagner 200€ fictifs : Les Amours de Cassandre ont été inspirés par A/ Marie B/ Cassandre C/ Obiwann Kénobite, envoyez votre réponse au 6 22 322 !

Bref, ses bouquins ont un succès si foudroyant* qu’ils ne servent même pas de PQ, ce qui était rare à l’époque. Pierre connaît enfin la gloire et devient poète officiel de la cour*. C’est là que le conte de fées continue puisqu’on surnomme notre petit crapaud « Prince des poètes »*.

 

Mais le succès est source de jalousie : le poète Mellin de Saint-Gelais s’amuse ainsi à lire les poèmes de Ronsard son rival de manière burlesque devant toute la cour pour le ridiculiser*, façon Le Luron imitant Giscard. Mais paraît-il qu’un jour, la sœur du roi arracha le recueil de Pierrot* (qui pleurait dans un coin de la cour) des mains de Mellin et lit les poèmes de Ronsard avec passion, ce qui eut un succès fou* ! Après ça, Pierre et Mellin réussirent à se réconcilier*, c’est beau non ?

repas.jpg


Pourtant, les contes de fées ne durent jamais. Les guerres de religions éclatent et Ronsard, courageux mais pas téméraire, prend parti pour les puissants catholiques, devient poète engagé à la Sardou et écrit son Discours des misères de ce temps en 1562* dans lequel il dit grosso merdo « la violence c’est mal, salauds de protestants, c’est de votre faute, on va tous vous buter !! ».

 

En 1572, Ronsard fait ami-ami avec le nouveau roi Charles IX et décide de lui écrire une superbe épopée en son honneur (malgré sa touche de pédale) : La Franciade*. Manque de bol, encore une fois, il ne fait pas bon copiner avec Pierre. Le roi meurt en 74* et Ronsard se retrouve comme un con avec son épopée dont il n’a écrit que quatre chants sur douze* ! C’est un échec !

 

Malade et infirme, Pierre perd son titre de poète officiel de la cour*, cour qu’il quitte pour finir sa vie dans un de ses prieurés de Touraine*.
Il est vieux, usé et fatigué mais sa quéquette, elle, pète toujours la forme !
En 1578 il rencontre la jeune veuve Hélène de Surgères*. Il a cinquante-six ans, elle en a trente de moins* mais qu’importe, le cœur et le calbut du poète ne font qu’un bond : il lui écrira cent-trente sonnets amoureux dont le fameux Quand vous serez bien vieille*, dans lequel il a encore perfectionné sa technique de drague :

 

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

 

La technique s’est affiné disais-je ; étudions la nouvelle méthode Ronsard : étape 1/ «Bientôt vous serez un vieux pou ridé comme les fesses de Jeanne Calment », étape 2/ « Vous penserez alors que vous eussiez pu prendre un coup de ma quéquette » 3/ « Votre servante vous trouvera trop conne d’avoir refusé mon coup de queue » 4/ « Trop tard je serai clamsé » 5/ « Votre chatte sèche regrettera amèrement ma quéquette…allez, y’a un bosquet là, derrière le rosier : on va baiser ? ».

Et là, BAM, nouvel échec*, Hélène se laisse pas faire* !

Gisant_Guillaume_de_Harcigny_Musee_de_Laon_280208_1.jpg

 

 

Reste plus qu’à crever pour Ronsard…Mais même en crevant il écrit des vers, ses Derniers vers* :

 

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.

 

Après avoir fait chialer tout le monde avec ces vers déchirants, il peut mourir en paix le 28 décembre 1585*.  

Aujourd’hui, il existe une variété de roses appelée Pierre de Ronsard* et Ronsard, une entreprise spécialisée dans l’abattage, le conditionnement et la distribution de volailles*. Ainsi sont réunis les goûts du poète pour la poulette et la rose, son arme de drague favorite !

* : tous les éléments astérisqués sont certifiés authentiquement authentiques !