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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Je, ma Muse et moi

Je, ma Muse et moi

 

Même chaussées d’échasses, les femmes ne sont jamais de grands écrivains.

Est-ce dû au fait que les femmes sont superficielles, stupides et inférieures aux hommes ? Est-ce dû au fait que les sanguinolentes traînées sorties de leur répugnant vagin orchidéen les rendent totalement inaptes à créer ?

Oui, sans doute mais une autre raison vient encore accentuer leur naturelle nullité.

 

Cette raison, c’est la Muse !

Hé oui, pour réussir en écriture, c’est comme partouze : il faut coucher !

Et pas avec n’importe qui, non non ! Il faut coucher avec Muse !

Les hommes, eux, ils y arrivent très bien : un trou est un trou, une bite n’a pas d’œil comme le rappelle le charmant dicton.

Mais nous les femmes on est plus délicates en câlins et on a toujours beaucoup de mâle avec une femelle pour coucher, même assise, même et surtout quand elle est faite comme Muse !

 

muses.jpg

 

Moi-même qui suis une amatrice en écriture, il me faut régulièrement remplir mes devoirs avec Muse en la vidant de ses liquides corporels dits-verts et verts-riaient…Enfin bon, je vous passe les détails en vidéo avec la reconstitution qui suite : dimanche dernier, j’ai senti l’envie d’écrire me monter à la gorge. Je me suis tout de suite fait vomir mais, problème : rien d’exploitable dans ce ramassis indigeste de mots de ventre.

 

Je dus alors me rendre à l’évidence, je n’étais pas inspirée, pas même expirée et il me fallait donc voir Muse en urgence pour qu’elle me fournisse un sujet d’inspiration au plus vite au plumard.

 

Dévêtue de ma jupe la plus courte et de pétales de fleurs collés sur ma peau à la super glue, je frappai à la porte de Muse en me disant que peut-être elle avait rajeuni et rembelli depuis la dernière fois…

Une voix Jeanne-Moreautienne m’ordonna : « Tire la Choupinette et la Bistoukette cherra ! ».

Obéissante, je tirai les poils de la Choupinette clouée sur la porte. Choupinette hurla, Bistoukette, attirée par les cris, rappliqua en courant, se prit les pieds dans le tapis et me chut toute humide et bandée dans les mains.

Je beurkai et introduisit Bistoukette dans la porte qui gémit et s’ouvrit.

 

Aussi brûlante que Jeanne d’Arc, Muse m’attendait alitée dans la pénombre de sa chambre de bonne qui portait fort mal son nom puisque Muse était vraiment laide et n’avait malheureusement pas embelli depuis la dernière fois où je l’avais vue.

A force de « vivre d’amour » ou, si vous préférez, « à force de se faire sauter 24/24h par tous les petits écrivaillons du monde », Muse est devenue totalement nymphomane : elle ne pense plus qu’à ça et ne prend même plus le temps de se nourrir ou se laver.

 La puanteur est donc la première chose qui vous frappe lorsque vous rentrez chez Muse : un savant mélange d’effluves d’œufs pourris et d’excréments porcins…Mais moi j’avais trouvé la parade Disney : je m’étais munie d’un pince-nez Mickey !

 

La deuxième chose qui vous frappe chez Muse c’est Georges, le vigile, qui vous envoie un pain pas frais au visage si vous tentez de subtiliser la moindre petite blatte…Mais ça n’est pas très intéressant ; passons donc à la description physique de la chose qui sert de corps à Muse.

 bodybuilding_femme.jpg

Muse est vieille, très vieille, elle a au moins quatre mille ans, ce n’est plus une femme c’est un enchevêtrement de rides au milieu desquelles on peine à entrevoir de petits yeux rouges et chiasseux.

Chiasseux et non chassieux car ces yeux-là sont si vieux qu’ils ont acquis leurs propres sphincters et parfois ils se vident bruyamment au grand dam de la Dame qui s’excuse et que l’on excuse en raison de son grand âge.

 

Chaque centimètre carré et même rond de Muse est couvert de croûtes marron-verdâtres qu’elle aime à gratter pendant l’amour et que l’on peut dater à la manière des arbres grâce aux lignes concentriques dont elles sont formées. J’ai d’ailleurs dans ma collection personnelle des croûtes de Muse datant de la révolution française !

 

En parlant d’antiquités, il est important de préciser que Muse a aussi une dent, une longue et unique canine pointue dépassant de ce qui semble être sa bouche. Parfois, au milieu des ébats, lorsqu’elle s’affole et s’oublie, Muse plante sa dent dans votre épaule et lorsque vous regardez le trou qu’elle vous a fait, vous remarquez une foule de petits vers et insectes étranges et étrangers qui grouillent dans la plaie.

 

Et Muse est aussi maigre, très maigre, maigre au point que je me suis déjà demandé si ses côtes avaient déjà été recouvertes de peau. Là elles saillent sanglantes, pointues et l’on doit sans cesse prendre garde à ne pas s’empaler dessus pendant la saillie.

 

Bien sûr, Muse est chauve comme une souris et son crâne, fêlé en divers endroits, suinte parfois d’une substance grise et transparente qui colle à votre peau comme de la résine de bouleau pendant des semaines voire des mois.

 

Etrangement, Muse possède ce qui semble être une poitrine…Enfin, ce sont plutôt des lambeaux de chair ridés en forme de gants de toilettes bouchées qui lui arrivent jusqu’aux mollets.

Comme Muse marche très courbée, il lui arrive de se prendre les pieds dedans et de se casser le col du fémur ou un autre os qui déchire alors sa peau et saille lamentablement sans même qu’elle s’en rende compte car après quatre mille ans d’existence elle n’est plus capable de sentir la douleur.

 

Voilà donc ce qui m’attendait en minaudant dans son lit à baldaquins : « Oh ma petite Sushi, je suis si contente de te voir, si tu savais comme tu m’as manquée…Prends exemple sur Bernard-Henri, lui il vient me visiter tous les jours ! »

 

Mutine, Muse se dressa dans son pucier telle un soldat garde-à-voué et se mit à glapir : « Sushi, prends ton luth et me donne un baiser ! ».

(Je me dois de faire ici une parenthèse documentaire sur les phantasmes déviants de Muse. Muse ne prend son pied que lorsqu’il se détache de son mollet mais aussi lorsque son partenaire se déguise en empaffé à plume et joue du luth ou du saxophone en lui déclamant des poésies mièvres…Je sais c’est étrange mais les vieilles personnes ont de ces perversions inexplicables et inexpliquées qu’on a peu envie d’expliquer. C’est pourquoi je vais fermer cette parenthèse et reprendre le fil gluant de mon action !)

Je oufai de soulagement : « Mais ô ma Muse, musaraigne musquée de mon cœur, je ne puis te baiser, rien ne sert de lutter : j’ai laissé mon luth à lustrer sur le lutrin des latrines du lutin luthier mon voisin ! »

peinture7-hr.jpg

 

Déjà je ricanais et crânais dans mon crâne en m’autofélicitant de mon ingéniosité digne d’un Ulysse revenu mais ces congratulations internes cessèrent bien vite pile-poil-au-nez au moment où Muse prononça ces terribles paroles : « Qu’à cela ne tienne, même sans luth tu seras mienne ! ».

J’étais baisée…enfin j’allais l’être ce qui était pire encore : déjà cette momie millénaire retirait son dentier et s’approchait de moi toutes lèvres tendues comme dans un film d’horreur poorno-graphique.

 

C’en était trop : je fermai les yeux pour m’imaginer sur une plage des îles Caïman en compagnie de George Clooney et d’un cocktail coloré et parasolé sous un soleil nitescent. Je sirotais sereinement mon cocktail quand un goût de pourriture putride envahit ma bouche. J’allais ordonner à George de me concocter un cocktail qui ne soit pas pourrite lorsque je rouvris mes yeux et constatai que Muse était sur moi…et dans ma bouche…

 

Réprimant la nausée qui montait, j’attendis la fin du baiser et me trouvai fort dépourvue après que la bise fût venue.

Chancelante, je m’affalai sur une chaise tandis que Muse rayonnait : « Alors ça c’est du baiser hein ?! Ca te laisse toute pantelante mon adorée ! Et tu n’as encore rien vu, je te réserve bien des surprises ! »

 

Tremblante, j’attendais la suite avec appréhension.

Muse s’assit sur son séant qui suinta et commença à mélancoliquer : « Ah regarde-moi, je suis si laide et si vieille…Jadis j’étais une belle plante, j’aurais pu être un rhododendron ! Tu sais, Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! Un jour, il me prédit que quand je serais bien vieille, je serais bien moche aussi. Et vois-tu, bien que ce ne fût pas son nez que j’avais sous les yeux mais une autre partie de son anatomie plus intéressante, hé bien je lui ris au nez !

Ca l’a vexé et plus jamais il n’est venu me visiter…Ah quelle tristesse ! »

 

Muse commença à pleurer dans mes bras et je m’en félicitais car, comme le dit le vieux proverbe péruvien : « quand Muse fâchée, pas besoin de la niquer » !

Je la tapotais, la làlàtais, la tout-va-bientais, la rassurais quand l’horrible mégère se redressa et se remit à brailler : « Sushi, dessine-moi un pouème !! »

 

Quelle poisse ! Je détestais pouétiser ! Je me creusai néanmoins la cervelle et débutai :

 

Muse ma mie, on médit et te dit mûre,

On murmure qu’ainsi tu te muches.

Mais mieux que mûre est ta pourriture,

Ô dive croupite, bouchère de nunuches !

 

Cocotte, tu cocottes, schlingues, exhales,

Emboucanes et poques pire qu’un myopotame !

Point besoin de pet et point besoin d’être sale,

Tu pues plus qu’une gonade d’hippopotame !

 

 

Je ne sais pourquoi, mais le mot d’hippopotame rendit Muse totalement hystérique : elle me sauta dessus, me fourra sa langue dans ma bouche et commença à me déshabiller !

 

Cette attaque surprise était pour moi la goutte de dysenterie qui fait déborder la fosse septique ! Je saisis Muse par les cheveux et la balançai dans la fosse à purin avant de m’enfuir dans la nuit sans inspiration ni sujet d’écriture.

 

Et voilà pourquoi, ami lecteur, voilà pourquoi je n’ai rien à écrire aujourd’hui !

Je n’ai pu me résoudre à baiser Muse et rentre donc toute désappointée, en pleine crise de la page blanche !

Maintenant vous comprenez pourquoi les femmes ne feront jamais de grandes écrivaines !