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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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In bed with Robert

Ce matin-là, tandis que sa femme repassait sa veste, Robert se contemplait dans la glace avec complaisance. Enfin c’était la consécration, la reconnaissance d’un labeur de dix ans effectué à la sueur de son front et de ses pognes.
Sa femme entra dans la chambre et l’aida à enfiler sa veste car Robert avait pris un peu de poids dernièrement, il n’y arrivait plus seul. Soudain, la sonnette retentit.
 

Une équipe de journalistes pénétra dans le pavillon de banlieue. Après les avoir salués, Robert regarda sa montre : « Déjà huit heures ? Il va falloir vous dépêcher si vous voulez suivre ma tournée ! ».
Les journalistes s’engouffrèrent alors dans le kangoo de fonction. Après avoir roulé une dizaine de minutes, Robert s’arrêta sur un parking et se tourna vers la troupe de reporters: « Je me rends chez une dame que je n’ai encore jamais soignée. Je vous demande la discrétion la plus totale et surtout messieurs, du tact ! C’est la clef de mon métier, ne l’oubliez... -il s’interrompit brusquement- Bordel ! Mais vous filmez même pas ? Je vais devoir recommencer mon speech ? Vous êtes pas pro les gars !»

 

Neuf prises plus tard,  ils entraient à quinze dans l’appartement de la patiente qui, allongée sur son canapé, rougit violemment en voyant tout ce monde. Face caméra, Robert prit un ton cérémonieux : « Messieurs, c’est là que ma mission commence. Veuillez faire preuve de pudeur et passez dans la pièce à côté pour nous laisser plus d’intimité ! »

 

Les journalistes furent enfermés dans la cuisine manu militari mais, malins, ils collèrent leur micro au trou de la serrure pour recueillir des bribes de la liturgie de Robert : « Alors, il lui est arrivé quoi à la petite dame, elle a rencontré un camion ? Bon, on va vite la déshabiller parce que j’ai d’autres rendez-vous moi! J’enfile mes gants : faudrait pas que la ptite dame elle chope un staphylo en plus du reste mouhaha ! Faut bien rigoler vous croyez pas ? Bien ! Je vais commencer par une stimulation à l’index de ce qu’on appelle dans notre jargon technique le kitoris. Où est-il le coquin ? J’allume ma lampe-torche pour le trouver. Le voilà ! D’après mon manuel, cela devrait vous procurer une sensation de bien-être intense...Et sinon, vous avez regardé Julie Lescaut hier ? Désirez-vous que je me lèche le téton pour vous exciter ? Non ? ... »

 

Vingt minutes plus tard, Robert revenait dans la cuisine : « Ca y est Messieurs, j’ai pu apporter un peu de bonheur à cette malheureuse infirme. Voyez-vous, la clef du métier d’assistant sexuel ou de journaliste, c’est le tact ! »