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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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De l'art délicat de faire une bonne dissertation

L’autre jour, j’ai décidé de travailler ; comme ça, pour voir ce que ça faisait, pour essayer…notre président chéri dit quec’est bien alors moi je suis son avis et j’obéis !

J’ai consulté mes devoirs dans mon agenda 1999 et me suis choisi un sujet de dissertation : « Pensez-vous que l’immobilisme de l’immuabilité de l’esprit d’enfance de Bernanos fût une antithèse de l’épître aux Corinthiens,chapitre 13, verset 32 lignes 69 à 761. En résumé, Bernanos avait-il de grands pieds ? ».

« Oh là là, que c’est passionnément fascinant » me dis-je toutémotionnée en taillant mon crayon à papier pour analyser le sujet. Car voyez-vous, vous qui  n’êtes pas littéraires et n’êtes en conséquence que des crétins ignorant tout de l’art délicat de la dissertation, la première étape de cet exercice merveilleusement merveilleux est bien d’analyser le sujet et c’est donc ce que je fis garrot (je sais, c’est très moyen comme jeu de mots).

Tout d’abord, dissection : je plantai 98 fois mon crayon dans mon sujet qui gémit en m’éclaboussant de milliers de gouttelettes de sang et de tripounettes et je vis que cela était bon. Puis j’observai son anatomie en faisant « ha ha » d’un air hautement intellectuel et enfin, je prélevai des méchantillons mordeurs pour les mettre dans des tubes à essai de Montaigne. Tadaam, l’étape analytique était brillamment finie : mon sujet était découpé, dépecé, morcelé et dûment analysé !

Je pus alors allègrement passer à l’étape 2 : faire un plan. Pourquoi donc faire un plan se demande le scientifique basique de base de triangle isocèle ? Hé ben, parce qu’une fois ton sujet disséqué, il est répandu sur ta table en plein de petits morceaux sanglants que tu sais même plus quoi va où, Ornicar (mon dieu que cette phrase est digne d’une lettreuse !).

Pour Bernanos c’est facile de planner ; faut mettre tous les morceaux à droite entre les sections « connard de monarchiste », « copain d’Alphonse Daudet », « presque-facho-mais-pas-totalement-quâ-même » et « cathotaré ». Lààààààà, voilà notre auteur bien situé et planisphèré.....

Mais ce n’était pas fini !!  Il nous fallut écrire un truc de préférence en rapport avec notre sujet (oui, je me nounnoie ; ça fait plus classe dans une dissert). Pour cela, nous eussions besoin d’inspiration…Et où trouve-t-on l’inspiration dixit nos plus grands auteurs françois n’est-ce pas ? Dans le drogue et la bibine bien sûr !
Il ne tient alors qu’à nous d’imiter le grand Baudelaire ou le petit Nicolas.

Je nous munissois donc d’une bouteille de vodka (parce que « vodka »ça rime avec « Nicolas) et commençâmes ma quête inspirationnelle. Une fois la bouteille finite, nous sentis que la dive Muse m’avions pénétrée (à moins que ce ne fût le réceptacle de la vodka qui nous rentrâmes dans le postérieur ;nous ne sussions pas…) et que nous fussions prête à disserter.

Nous commençâmes à dire que si Bernanos eût été pédé, peut-être aurait-il été moins coincé du cuk et aurait écrit des bouquins moins somnifériques. Cela constitua notre première partie argumentative de dissertation.

Pour la deuxième partie, je sentîmes que l’inspiration m’avait lâchée…salope va !Alors je testâmes la méthode drogue : j’allâmes cueillir des coquelicots-pavots dans mon jardinet et les fumâmes incessamment sous peu jusqu’à ce que l’inspiration revienne en râlant qu’elle voulait se reposer et qu’elle en avait marre que je la dérange toutes les cinq minutes. Saleté va, je la prîmes par les ailes et me l’attachai au poignet avec du barbelé jusqu’à ce qu’elle fasse plus la maline c’te crétine !

Et de suite, la deuxième partie me vint :Bernanos avait de grands pieds et c’est pour ça qu’il était catho ! Je m’explique ;comment cacher ses grands pieds quand on a des grands pieds…En les planquant sous sa soutane ! Là était l’explication de toute la littérature bernanosienne…Bon, et je conclûmes aussi que Bernanos avait une petite quéquette parce que ça me faisait plaisir et que de toute façon, il avait qu’à pas critiquer Gide et Anatole France ce connard de Bernanos.....

Arrivée à ce stade 2 de ma dissert, j’étais superfière de moi quand je sentîmes une odeur de pourriture corporelle. Baissant la tête et les yeux qui étaient dedans, je me rendis compte que cette saleté d’inspiration avait clamsé, empalée vivante puis mourante sur un barbelé…
C’était ennuyeux mais bah, pas tant que ça finalement ; elle servait plus à rien l’inspiration de toute façon…on voit bien que les écrivains modernes ne s’en servent même pas.
Je décidâmes néanmoins de lui rendre un dernier hommage en effectuant dix secondes de silence avant de lui offrir de décentes funérailles dans mes toilettes...

Une fois la chasse tirée, nous nous remîmes Marceau à notre boulot. Que dire en troisième partie et sans notre Muse ?
J’en étais là de mes réflexions lorsqu’un malaise nous vint de l’estomac et se répandit sur notre copie. « Parfait –nous dis-je- vomir sur Bernanos, que voilà une merveilleuse troisième partie traduisant très exactement mon sentiment sur cet auteur ! Mon prof sera ravi comme une bette, cela nous vaudra au moins un dix-sept ! »

Vite je sèche-cheveusai ma copie et la remis avec le sentiment du devoir accompli avant de cuver dans mon lit !...

L’autre jour, j’ai décidé de travailler ; comme ça, pour voir ce que ça faisait, pour essayer…notre président chéri dit que c’est bien alors moi je suis son avis et j’obéis !

J’ai consulté mes devoirs dans mon agenda 1999 et me suis choisi un sujet de dissertation : « Pensez-vous que l’immobilisme de l’immuabilité de l’esprit d’enfance de Bernanos fût une antithèse de l’épître aux Corinthiens,chapitre 13, verset 32 lignes 69 à 761. En résumé, Bernanos avait-il de grands pieds ? ».

 

« Oh là là, que c’est passionnément fascinant » me dis-je toutémotionnée en taillant mon crayon à papier pour analyser le sujet. Car voyez-vous, vous qui  n’êtes pas littéraires et n’êtes en conséquence que des crétins ignorant tout de l’art délicat de la dissertation, la première étape de cet exercice merveilleusement merveilleux est bien d’analyser le sujet et c’est donc ce que je fis garrot (je sais, c’est très moyen comme jeu de mots).

Tout d’abord, dissection : je plantai 98 fois mon crayon dans mon sujet qui gémit en m’éclaboussant de milliers de gouttelettes de sang et de tripounettes et je vis que cela était bon. Puis j’observai son anatomie en faisant « ha ha » d’un air hautement intellectuel et enfin, je prélevai des méchantillons mordeurs pour les mettre dans des tubes à essai de Montaigne. Tadaam, l’étape analytique était brillamment finie : mon sujet était découpé, dépecé, morcelé et dûment analysé !

 

Je pus alors allègrement passer à l’étape 2 : faire un plan. Pourquoi donc faire un plan se demande le scientifique basique de base de triangle isocèle ? Hé ben, parce qu’une fois ton sujet disséqué, il est répandu sur ta table en plein de petits morceaux sanglants que tu sais même plus quoi va où, Ornicar (mon dieu que cette phrase est digne d’une lettreuse !).

Pour Bernanos c’est facile de planner ; faut mettre tous les morceaux à droite entre les sections « connard de monarchiste », « copain de Léon Daudet », « presque-facho-mais-pas-totalement-quâ-même » et « cathotaré ». Lààààààà, voilà notre auteur bien situé et planisphèré.

 

Mais ce n’était pas fini !!  Il nous fallut écrire un truc de préférence en rapport avec notre sujet (oui, je me nounnoie ; ça fait plus classe dans une dissert). Pour cela, nous eussions besoin d’inspiration…Et où trouve-t-on l’inspiration dixit nos plus grands auteurs françois n’est-ce pas ? Dans le drogue et la bibine bien sûr !
Il ne tient alors qu’à nous d’imiter le grand Baudelaire ou le petit Nicolas.

Je nous munissois donc d’une bouteille de vodka (parce que « vodka »ça rime avec « Nicolas) et commençâmes ma quête inspirationnelle. Une fois la bouteille finite, nous sentis que la dive Muse m’avions pénétrée (à moins que ce ne fût le réceptacle de la vodka qui nous rentrâmes dans le postérieur ;nous ne sussions pas…) et que nous fussions prête à disserter.

Nous commençâmes à dire que si Bernanos eût été pédé, peut-être aurait-il été moins coincé du cuk et aurait écrit des bouquins moins somnifériques. Cela constitua notre première partie argumentative de dissertation.

 

Pour la deuxième partie, je sentîmes que l’inspiration m’avait lâchée…salope va !Alors je testâmes la méthode drogue : j’allâmes cueillir des coquelicots-pavots dans mon jardinet et les fumâmes incessamment sous peu jusqu’à ce que l’inspiration revienne en râlant qu’elle voulait se reposer et qu’elle en avait marre que je la dérange toutes les cinq minutes. Saleté va, je la prîmes par les ailes et me l’attachai au poignet avec du barbelé jusqu’à ce qu’elle fasse plus la maline c’te crétine !

Et de suite, la deuxième partie me vint :Bernanos avait de grands pieds et c’est pour ça qu’il était catho ! Je m’explique ;comment cacher ses grands pieds quand on a des grands pieds…En les planquant sous sa soutane ! Là était l’explication de toute la littérature bernanosienne…Bon, et je conclûmes aussi que Bernanos avait une petite quéquette parce que ça me faisait plaisir et que de toute façon, il avait qu’à pas critiquer Gide et Anatole France ce connard de Bernanos !

 

Arrivée à ce stade 2 de ma dissert, j’étais superfière de moi quand je sentîmes une odeur de pourriture corporelle. Baissant la tête et les yeux qui étaient dedans, je me rendis compte que cette saleté d’inspiration avait clamsé, empalée vivante puis mourante sur un barbelé…
C’était ennuyeux mais bah, pas tant que ça finalement ; elle servait plus à rien l’inspiration de toute façon…on voit bien que les écrivains modernes ne s’en servent même pas.
Je décidâmes néanmoins de lui rendre un dernier hommage en effectuant dix secondes de silence avant de lui offrir de décentes funérailles dans mes toilettes...

Une fois la chasse tirée, nous nous remîmes Marceau à notre boulot. Que dire en troisième partie et sans notre Muse ?
J’en étais là de mes réflexions lorsqu’un malaise nous vint de l’estomac et se répandit sur notre copie. « Parfait –nous dis-je- vomir sur Bernanos, que voilà une merveilleuse troisième partie traduisant très exactement mon sentiment sur cet auteur ! Mon prof sera ravi comme une bette, cela nous vaudra au moins un dix-sept ! »

Vite je sèche-cheveusai ma copie et la remis avec le sentiment du devoir accompli avant de cuver dans mon lit !...