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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Birdy miam-miam -3- Le siège.

Birdy miam-miam -3- Le siège.

Résumé des épisodes précédents: pour échapper à une attaque d'oiseaux-zombies, le héros se réfugie dans sa cave et barricade la porte...


J’ai tranquillement allumé la loupiote et j’ai « contemplé mon royaume » comme y disent dans Prince of Persia. Depuis vingt ans, je vivais sur mes gardes,  persuadé qu’un truc de ce genre se produirait. J’avais donc stocké en quantité toutes sortes de vivres essentiels : fûts de bière (on vous a jamais dit que l’eau était contaminée par les niakwés en représailles de quand ils se sont pris une mycose nucléaire dans la gueule?) , boîtes de corned beef, de corn flakes, de haricots hautement pétogènes en cas de guerre chimique, de hot-dogs sur bâtonnets pour étouffer les touristes chinois, de faux cigares explosifs en cas d’invasion cubaine et un scaphandre en cas d’attaque nucléaire. J’avais même du déodorant au cas où quelques uns de ces français puants se seraient pointés. Et bien sûr, je m’étais procuré des armes de guerre en quantité ainsi qu’une petite radio Dynamo Kiev. Avec tout ça, je pouvais tenir au moins dix-huit mois… Autant dire que ces petites poufiasses de grues dehors, je les enguanotais sévère : elles seraient crevées depuis belle lurette quand je sortirais de mon trou.

 

corned-beef-polo-warhol-640x467.jpg

 

Alors je me suis bien calé dans mon fauteuil, j’ai ouvert une boîte de haricots et j’ai allumé la radio. C’était la panique partout, les oiseaux fracassaient les vitres et se jetait sur les humains en commençant par leur becqueter les yeux : un bon quart de la population trempait déjà son biscuit par la racine.

Moi j’ai éteint la radio, j’ai lancé aux volailles qui s’excitaient contre  ma porte : « A dans dix-huit mois poufiasses ! » et j’ai calmement attendu…longtemps…Très longtemps.

 

 Quand j’ai terminé ma dernière boîte de corned-beef, j’ai su qu’il était temps. Je me suis préparé à sortir pour fouler de mon espadrille vengeresse la margoulette décomposée de ces putains de bestioles. Et puis j’ai regardé ma montre qu’indiquait la date du jour d’aujourd’hui : 18 septembre. Parfait, j’avais donc passé un an et vingt jours dans ma cave. Dehors, ça devait être le calme plat. Peut-être même que j’étais le dernier humain survivant sur Terre et peut-être que je devrais soulager mes ardeurs sexuelles comme Robinson avant Vendredi : en fourrant une gouttière tapissée de mousse. Ca semblait chouette. J’ai souri.

 

robinson_crusoe.jpg
"Une petite pipe Robinson?
- Sans façon, j'ai ma gouttière." 


Mais le sourire il s’est schinté de ma figure quand j’ai entendu un bruit d’ailes. Nerveux, j’ai allumé ma radio qui m’a annoncé que l’attaque aviaire durait seulement depuis vingt jours. J’avais épuisé mon stock de dix-huit mois en vingt jours ? C’était donc pour ça que depuis une semaine j’arrivais plus à voir mes pieds ni le reste ? Aaaah…J’allais donc crever. Je me préparai à rerouvrir la porte quand la radio m’a dit que des scientifiques commençaient à trouver des moyens pour se débarrasser des oiseaux-zombies. Ils avaient fabriqué des espèces de papiers tue-mouche géants recouverts d’une colle spéciale et des fléchettes à tête chercheuse qui se fichaient direct dans la cervelle des « tétrapodes volants », et là je me suis dit : « Franchement John, si ces lopes de scientifiques qui savent pas parler arrivent à buter ces saloperies, toi tu feras des ravages. Sois un homme ! »

 

dg-003-papier-tue-mouche-bo.jpg

 

Alors j’ai agi en homme. J’ai enfilé mon scaphandre, j’ai attrapé ma poêle à frire par le manche, j’ai respiré un bon coup, je me suis regardé dans la glace, je me suis souri, je me suis trouvé foutrement sex et je suis sorti.

Mais enfer et damn nation ! Ils avaient tous clamsé entre temps. Y’avait plus rien ! Juste ce con de Jean-Claude gentiment occupé à éventrer un dodo (car il en restait encore finalement) dans un coin de la cuisine.

 

J’ai allumé la radio : c’était la laisse populaire. Tous les oiseaux étaient remorts partout, comme ça, sans plus d’explication que quand ils étaient morts puis résurrectés. L’humanité était sauvée. J’étais content bien qu’un peu déçu de n’avoir pu en découdre avec les zombies. Alors, pour compenser, je les ai tous foutus au congélo vu que j’avais épuisé mon corned-beef.

 

Pendant dix jours, la vie a repris son cours normal. Jusqu’à ce que tous les mammifères crèvent en une nuit…

 

A suivre...