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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Mon psy est une asperge

 

 

Mes chers amis, j’ai envie de vous conter une anecdote dont je me souviens comme si c’était hier…ce qui est d’ailleurs assez logique puisque l’anecdote susnommée s’est produite hier soir.

Il devait être 20h22, 11 secondes et 85centièmes et j’étais à table, prête à dévorer tout un plat de délicieuses asperges. Je me saisissais de la plus grosse en pensant avec ma bouche que les bonnes grosses asperges bien juteuses c’est bien ce qu’il y a de meilleur au monde (encore plus que les bons copains) lorsque la léguminée ouvrit le bec et me fit cette remarque : « Dis donc, tu crois pas que cette réflexion sur les asperges est représentative d’une intense frustration sessuelle et d’un oedipe mal refoulé ? »

 

Je contemplai mon asperge parleuse en soupirant : j’en avais vraiment plus qu’assez de me faire sermonner par des objets inanimés. Déjà, le chantage au suicide de ma petite culotte m’avait mentalement éprouvée mais là, une asperge freudienne c’était vraiment la goutte de pastis qui fait déborder l’estomac.

 

Je me saisis en conséquence d’un marteau qui traînait sur la table et me mis à frapper frénétiquement l’asperge jusqu’à ce que sa mère (qui était aussi dans le plat) ne soit plus en mesure de la reconnaître. Ensuite, je découpai le corps en petits morceaux et les mangeai un par un juste pour faire un exemple. Ca avait sans doute servi de leçon aux autres asperges car plus personne ne bronchait dans le plat.

 

J’en pris alors une deuxième et j’allais bel et bien la dévorer lorsqu’à son tour elle se mit à parler : « Tu es sûre que tu n’as pas besoin de parler ? Tu m’as l’air tendue ! ».
J’éclatai alors en sanglots et tombai dans les bras de l’asperge, déballant tous les traumatismes de ma pauvre et pitoyable vie : le jour où Kévin m’avait quittée pour un orang-outan, le jour de mes dix-huit ans où l’on m’avait appris que le père Nowel n’existait pas, la fois où je m’étais enfoncé un crayon dans le nez jusqu’au cerveau etc…

 

A vrai dire, cette confession me faisait un bien fou jusqu’à ce que l’asperge déchausse ses lunette et me déclare « La séance est finie, ça fait 200€ ».Je manquai m’étouffer : « Quoi ? Tu rêves ! 


- Sushi, il est important que le patient paie sa consultation, ça fait partie du processus, sinon il ne peut pas progresser ! »


Ni une ni deux, j’attrapai la bête, la fourrai toute entière dans ma bouche et l’écrasai entre mes molaires jusqu’à sentir son petit crâne exploser sous mes dents. Soulagée, je pris une troisième asperge qui ne semblait pas respirer. Je tâtai son pouls avec appréhension…rien ! Rassurée, j’allais la porter à mes purpurines lèvres : je fermais les yeux pour mieux savourer son délicieux petit goût de noisette quand j’entendis « Hé pssst, je vois tout, je sais tout, je règle tous tes soucis d’amour de belle-mère, de selles trop molles car je suis la grande Irmasperge ! ».