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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Heidi: arrêt oral

Vous ai-je déjà parlé d’Heidi ? Heidi c’est ma conloc ; ça veut dire que c’est la conne qui vit avec moi. Je la supporte comme un fan de l’OM supporte le PSG mais avec le maillot ridicule en moins c’est vous dire !

 

L’autre jour, Heidi a failli mourir…c’est pas très original me direz-vous, notre vie entière est une faille dans la mort…Ce que c’est emmerdant les lecteurs qui se croient philosophes ! Taisez-vous et laissez-moi poursuivre.

 

Je vous pose un peu la scène : on était treize ; moi et mes douze pôtres. On était à table et moi je multipliais les pains aux gens qui m’emmerdaient et changeais la villageoise en château Margotte pour mes invités…Non je plaisante. La scène donc : un appartement milanais (pour changer) en carton pâte mauve, intérieur nuit. Dans un salon/salàmanger décoré de milans empaillés (jvous avais dit que les proprios étaient des milans !). Dans un canapé rouge, il y a moi, vêtue de noir, je suis en train de lire Télé Pif Poche (dans lequel est dissimulé un Lui) dans une pose alanguie et intellectuelle. Heidi est assise à la tablàmanger, elle regarde la télé en mangeant des cacahuètes.

 

Le décor est posé, je peux commencer mon histoire.

 

Je lisais donc tranquillement mon Télé Pif Poche une main dans ma culotte quand Heidi se mit à râler. Quand je dis râler, ça veut pas dire « putain il est naze ce Michel Drucker », non ; ça veut plutôt dire « aaaaaaaaaaargh keuuuuuuh iiiiiiiiiiiiiiiiiii grrrrrrrrrrr » grosse modo.

Je levai ma tête et vis la conloc toute violacée (ce qui ne voulait pas dire qu’elle était en train de se faire vi-auler par un cétacé non… !).

Vite, je fis celle qui n’avait rien vu (Heidi avait souscrit une assurance-mort-par-cahuète à mon nom) et me replongeai dans mon Télé Pif Poche !

 

Cependant, au bout de trois ou quatre minutes seulement, je rémergeai de mon magazine : les râles s’étaient accentués et je n’arrivais plus à atteindre le degré de concentration nécessaire à la captation intellectuelle du Télé Pif Poche.

Je me levai donc, me dirigeai vers la bibliothèque, pris notre dictionnaire médical pour les nuls et y cherchai le chapitre « étouffement par cahuète et râles hippopotamesques ».

 

Arrivée à la page du « e » je ne trouvai pourtant que « éléfant », « énaurme », « éonté » et « épopique ». Quelle gourdasse ; j’avais pris mon « dictionnaire pour écrire comme un gland inculte » !

Riant de ma bêtise j’invitai Heidi à rigoler un brin avec moi mais elle ne semblait pas trop d’humeur vitrée : bleuâtre, elle était agitée d’étranges spasmes.

 

Ca devait être mauvais signe si on en croyait Elizabeth Tessier. Que faire ? (comme disait Lénine) Je n’avais pas le temps de faire une révolution, je pris une batte de baise-balle et en cognai de toutes mes forces le dos d’Heidi pour expulser la cahuète.

J’entendis des os craquer mais nulle cahuète expulsée. 

 

Que me restait-il alors comme solution ? J’avais vu dans Dr House qu’en cas d’étouffement il fallait faire une tranchée dans la trachée, permettant à l’air de passer. Vite, je pris un peu de gin de Nîmes pour désinfecter la future plaie, je me munis d’un tournevice et commençais l’incision quand Heidi se mit à brailler comme une brêle : « Aille ! Mais qu’est-ce que tu fous, folle ?! ». Moi, très sûre de moi mais plus trop du mois : « Je te sauve la vie en t’enfonçant ce tournevis dans la gorge, tu es en train de t’étouffer voyons ! ».

 

Heidi m’arrêta franklin : « Mais non tu vois bien ! ». Je la regardai sceptiquement et antiseptiquement (parce que j’avais toujours mon gin dans la main) : « Tout à l’heure tu râlais et puis tu es devenue violette et bleuette… ». Heidi me rarrêta : « Je ne râlais pas, je riais ; oh tu peux pas savoir, Michel Drucker a sorti une vanne incroyable à Nicolas et j’ai tellement ri que j’en ai perdu tout mon souffle et suis tombée en catalepsie. Ca m’arrive souvent avec Michel, il est si drôle ! Par contre j’ai adoré ton massage du dos tu veux pas recommencer ? ».

 

Je regagnai mon canapé d’un air écoeuré : « Spèce de malade va ! ».