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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Le mystérieux canard-zombie de la ferme Tagueule

Avertissement de l’éditeur : Le récit qui va suivre est la transcription d’un mystérieux manuscrit retrouvé dans le croupion d’une dinde le jour de Nowel. C’est un médecin légiste qui l’a extrait de la gorge profonde de Monsieur X, acteur porno, mort étouffé alors qu’il dégustait le croupion maléfique (même que le croupion c’est le meilleur morceau !). Comme vous l’avez pu constater, ce manuscrit est invariablement porteur de mort et de malédiction ; c’est à vos risques et périls que vous le lisez…D’ailleurs, moi-même je sais pas ce que j’ai, je me sens fatigué d’un coup, je crois que……………………………………………………………

Je m
appelle Mathurine Lapine et je suis née en l’an de grâce 1849 tirelirelon. (Note du nouvel éditeur remplaçant l’éditeur précédent, mort prématurément : il est d’usage à la campagne de finir chacune de ses phrases par une locution ridicule comme dans les chansons populaires « il était une bergère, et ron et ron petit patapon ».) Mon père est un curé très respectable peuchère. D’ailleurs, dans notre famille on est curé de père en fils et on boit le vin de messe tandis que sœurs et femmes sont fermières cornediou. D’ailleurs, j’avons toujours été fermière et j’en suis très fière tirelirelère ! Jusqu’à présent, mes bestioux préférés ça a toujours été les canards parce qu’ils sont bien bieaux, parce qu’il font du bon foie gras et parce que quand les fils de Josette-la-grosse sont pas là, on peut se servir des canards pour se soulager (après leur avoir attaché le bec bien sûr !) dediou que ché bien bon! (Note du nouveau nouvel éditeur remplaçant l’ancien décédé lors de sa chute dans un puits mystérieusement creusé dans sa chambre pendant la nuit : Et voilà la raison historique de pourquoi les godemichés sont parfois en forme de canards !)

Pour sûr, les canards c’étaient mes amis et ça me faisait bien deuil de devoir tuer un de mes gentils compagnons lorsque Nowel arrivait gué ! Vous vous rendez-t-y pas compte mais c’est dur de couper la tête, de plumer et de vider un être que l’on a aimé té pardiou ! Mais j’étais obligée sinon, Marave Tagueule, la maîtresse de maison m’auroit méchamment fioutue dehors sans même me payer mes gages dondon dondaine !

Justement, cestui-jour-là, Môdame elle recevait le préfet Rance dans sa maison. Et c’était toute une histoire parce que Môdame elle aurait bien aimé éblouir le grand homme afin qu’il épousât Gertrudine, la fille puînée de la maison qui allait déjà sur ses douze ans et n’était toujours pas mariée lonlère. Faut dire, cette petiote c’était un vrai laideron tirelipimpon ! Mais enfin Môdame voulait la caser avec un préfet…Elle avait déjà essayé avec Poubelle sans succès donc elle tentait Rance et pour ce faire elle me demanda de tuer notre plus beau, notre meilleur canard qu’on avait susnommé Picsoumagazine avec les zot filles de ferme peuchère (Note de l’éditeur suppléant de garde remplaçant l’éditeur précédent, mort du choléra en pleine normandie : Pour le confort de lecture de nos lecteurs, la nouvelle édition vient de décider de supprimer les interjections ploucs de fin de phrase.) !

J’étions effondrée comme le World Trade Center : Picsoumagazine estait mon canard préféré, je lui avions juré une fidélité éternelle et une ration de graine supplémentaire tous les jours ! Je me jetions sous les jupons de Môdame pour la supplier de ne point trucider mon favori et mon aimé mais Môdame était jalouse de mon canard pour sûr ! Elle remonta ses caleçons et m’envoya faire mon microsoft office de bourrelette-bourreau.
Me voilà donc partie à la recherche de Picsoumagazine dans la basse-cour, vestue d'une chaussette sur la face pour ne point être reconnue et armée d'une hache qui se plantait dans ma cuisse à chaque fois que je me cognais aux murs, bien punie que j'étais de n'avoir point fait de trous à ma chaussette qui puait d'ailleurs bien fort au point que dans la fosse aux cochons je m'évanouis !
Lorsque je me réveillois, j’avions la sensation d’estre remplie de merdre comme en ce jour où Monsieur le Curé m’avoit demandé d’ouvrir grand la bouche tandis qu’il (Note de l’éditeur septième du nom : l’éditeur, hautement dégoûté, a décidé de censurer ce passage. D’ailleurs, l’éditeur sait même pas ce qu’il vient foutre dans ce bourbier ; à la base il était censé éditer du Pascal : pauvre de lui !) … Je me dirigeois donc en tremblant vers la basse-cour, ouvris la porte et trouvai mon canard adoré en pleine lecture de Spinoza…Paraît que c’est un philosophe végétarien ; d’ailleurs, en anglais il a presque un nom d’épinards ! Enfin, je me saisis délicatement de Picsoumagazine par le cou tandis qu’il faisait « keuf keuf », appelant la police-marrée-chaussée qui rigolait dans ses pantoufles et n’en avait rien à battre !
Ensuite, je suis allée dans ma cuisine, en plourant j’ai ligoté mon canard sur la table, je lui ai rasé le col en geignant puis j’ai levé ma hache et je lui ai coupé la tête tandis que la foule en délire applaudissait. Vite, je m’ai saisie de la tête sans corps et je l’ai exhibée toute nue au peuple qui, satisfait, est rentré chez lui baYser sa compagne, tout excité qu’il était par une exécution capitaliste ! C’était pas tout de rigoler mais je devais gréjeuser (Note de l’éditeur, le même que la dernière fois ; ah tiens ? : gréjeuser=travailler) : je plumoi donc mon canard toujours en pleurs (moi hein, pas la volaille).

Je fis donc une pause pour me moucher dans mon tablier et retournais vers la table de la cuisine quand oh ! Par la malemort ! Mon connard de canard il avait disparu ! J’allois alerter la marrée-chaussée mais je mirai un étrange phénomène : à vingt pouces coupés de la table, mon volatile il était en train de léviter, nimbé d’une étrange lumière bleue. Diantre, j’en estais bouche bée que j’aurois pu avaler un albatros, mais ça tombait bien parce que Picsoumagazine il avait envie de faire la conversation pour deux. Il ouvrit tout large son sphincter vu qu’il pouvait plus ouvrir son bec vu qu’il avait plus de tête, et dit : « Ô qu’as-tu fait cruelle ? Pourquoi tant de haine envers ton tendre qui t’aimait tant ? Mais, comme l’a dit Kierkegaard, « le coup viendra du coup que tu as tiré » ! ». Moi j’estais toute ébaubite ; même avec son cul, qu’est-ce qu’il parlait bien c’te canard, j’avois toujours su que c’était un intellectuel ! Je ne réfléchis pas longtemps à tout ça avec ma tête parce que c’est douloureux et parce que le sphincter de Picsoumagazine s’était figé en un rictus vengeur alors moi je me dis que je devois me sauver en accusant quelqu’un d’autre et je dis « Bah c’pas ma faute, c’est la vieille Tagueule qui m’a dit de te couper ta tête et d’te marmitonner que maintenant t’es obligé de parler avec ton cul qu’est tout farci de pain aillé ! Haha hihi…oups pardon. » A peine j’avais parlé que j’aurois dû me taire : le canard il a pris un grand couteau sous sa petite aile toute plumée, chair-de-poulée ou plutôt chair-de-canardée et il s’est dirigé toujours en lévitant vers la porte de la salle à baffrer où bafraient Madââme, sa fille Gertrudine et le préfet Rance.

Moi je voulois pas que ce maudit corniaud de canard il assassinoit la main qui me payait et même le reste du corps de ma maîtresse alors je l’ai pris par les pattes arrières tandis qu’il protestait en pétant (vu que sa teste elle avait toujours pas repoussé) et j’ai effectué un lancer du canard-sans-tête à plus de 70 mètres, établissant ainsi un nouveau record du monde certifié par un huissier qui passoit par là, Morbleu j’estois contente ! Mais Picsoumagazine lui il était pas très ravi : tout coquelineux il est revenu (mais sans oignons) vers moi et on a commencé à se battre tellement fort que j’en ai lâché mon cahier où que j’écris cette aventure.

……………………………………………………. Quand j’ai repris mon cahier j’estois pleine de sanquette comme un jour de menstrue et j’en ai profité pour mettre tout ce sang dans mon encrier parce que faut pôs gâcher ! J’avions réussi à maîtriser le canard en l’astachant comme une poêle et en le mettant dans une marmite au four thermostat 15…Il faisoit moins le fieret ! Mais moi par contre j’estois super fierette jusqu’à tant que ma maîtresse, déjà ronde comme une boule carrée, se rappliqua dans ma kitchuine en braillant comme le goret qu’on esgorge du mauvais côsté : « Enfin Mathurine que faîtes-vous ? Nous attendons notre plat de canard ! J’en ai plus qu’assez de vous et de votre flemme perpétuelle…Et regardez-vous, vous êtes pleine de sang c’est écoeurant ! Vous êtes virée !! ». Quoi ? J’en estois toute estomaquée, foiquée et poumonquée : après tant de bons et aloyaux services compris on me viroit ? J’estois si furieuse que je soulevai le couvercle de la marmitte où mijotait Picsoumagazine, je défis un à un tous ses liens et, le tenant par les ailes, je le lâchai dans la salle à manger en lui prestant une tronçonneuse et murmurant « attaque » à son absence d’oreille. Puis, pendant que tout le monde criait, je suis montée dans la chambre de Môdame pour lui voler un pot d’encre noire...et quelque indemnité de licenciement…Et une ou deux belles toilettes : elle en auroit plus besoin maintenant !

J’en estois là de mes petites compensations quand j’ouis un léger bruit derrière la porte. Ca faisait comme un chat de deux cent vingt-cinq kilos qui ronronne ou comme une tronçonneuse légèrement enrayée par le sang et quelques restes de boyaux. Je ne m’inquiétais pas outre mesure et commençai l’inspection des bijoux de Madâme ; il y avait là de fort jolis diamants et des rubis et…Oh tiens, Picsoumagazine que fais-tu avec ceste tronçonneuse tute pleine de boyaux ? HeinG ? HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa aa aa a… (Note finale chantée de l’éditeur : C’est la noteuhhh finaaaaaleuh…Euhm, ici se termine le manuscrit de Mathurine. Ché pas vous mais moi, j’y crois pas du tout à ces conneries de canards coquelineux et tronçonneur. D’ailleurs je vais me coucher. Bonne nuit chérie…Oh comme tu ronfles fort, on dirait un chat de deux cent vingt-cinq kilos qui ronronne…)