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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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Crime, kétamine et châtiment

Ce soir-là je regardais d’un oeil torve et kétamineux mon cinquième épisode de « Crimes, tuning et gros nichons » sur DTC12.

Alors que la présentatrice en costume d’écolière évoquait l’odieux Emile Louis et son bus vintage V12 tout en malaxant une fort généreuse poitrine, j’eus une illumination. Emile Louis, Guy Georges, Lee Harvey Oswald, Frédéric François et tant d’autres tortionnaires de la race humaine partageaient la même caractéristique : un nom de famille-prénom. J’avais donc percé le secret du Mal !


Satisfait, je pensais me recoucher mais une Voix qui ressemblait à celle de Mimi Mathy m’enjoignit de purger l’humanité des méchants et d’acheter du décolor stop.
J’obtempérai à regret. Me munissant d’un bottin peu mondain, je me mis en quête de quelque criminel au nom de famille prénomique.
Je débusquai un Georges Martin à proximité et entrepris de l’éliminer subrepticement avant qu’il ne commence à tuer.

Vêtu de ma super-robe de chambre en pilou, je sonnai chez le quidam et attendis. Celui-ci se présenta l’oeil torve et kétamineux. Il me demanda fort civilement ce que je branlais dans son jardin à cette heure indue. Je m’introduisis : « Jacques Leventru, génie, sauveur de l’humanité. Je viens vous dévoiler votre destinée. »

Sitôt dans la place, je présentai à Georges les indubitables preuves de sa noirceur. Effondré, il se mit à sangloter: « Mais je n’ai jamais rien fait de mal !
- Cela viendra bien assez tôt.
- Je ne supporte pas la vue du sang !
- Ah ah, un étrangleur !
- Je ne suis qu’un petit instituteur timide!
- Un pédophile strangulateur, quelle belle prise ! N’en dites pas plus et laissez-moi vous éliminer pour le bien de tous.
- Soit, soupira le petit homme, puisque c’est pour la bonne cause...Comment procède-t-on ? »
La question me désarçonna, je bafouillai : « Je suppose que vous devriez me prêter un objet contondant comme ils disent à la télé.
- C’est quoi ?
- J’en sais rien, ils l’expliquent jamais à la télé. »


Gênés, nous nous tûmes une minute. Heureusement, mon ami Georges ne manquait pas de ressource : « Et si je vous apportais un couteau ? »
Soulagés, nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre. Georges courut en cuisine, revint avec un hachoir. Tout à sa fougue, il trébucha sur son chat et chuta lourdement.

J’accourus à temps pour recueillir le dernier soupir du pauvre homme empalé sur l’arme du crime.

« Ma foi, me dis-je, voilà une mission rondement menée, la première de ma carrière de sauveur de l’humanité ! »