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La polysémie de la nouille

La polysémie de la nouille

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François fait le jihad

François fait le jihad

François fait le jihad

C’était le plus beau jour de la vie de François. Jadis, il avait lamentablement échoué au bac ET au casting de The Voice. Cette dernière flétrissure lui restait en travers de la gorge comme un filament de lard mal mâché. « Zut, se dit-il, cette pensée est impure, Mahomet va me retirer une vierge pour ça !»
Car si François avait échoué à The Voice, il avait réussi le concours de poussin jihadiste et faisait son entrée triomphale dans un camp syr
ien.

Il ne vit que des garçons. On devait dormir à cinq dans la même pièce grise et nue. Y avait même des lits superposés ! C’était comme la colo mais avec des flingues et des robes très confortables !

Un grand type carré leur dit de se mettre en rang. Il parlait très fort en postillonnant loin : « Si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez des mollahs de la mort implorant le sacrifice. En attendant, vous n'êtes que de la chiasse et vous m’obéirez ! »

François gloussa : « Le monsieur il nous traite de caca ! »

L’instructeur se planta devant lui : « Tu ris, tu n’as pas peur de mourir, tu as l’air crâne ! Tu me plais, tu en as dans le pantalon !
- Mais M’sieur, on est en robe... » tenta vainement de protester François tandis que le type carré s’éloign
ait.

Le lendemain, on leur donna à tous un vrai flingue et le type carré leur dit des trucs bizarres : « Aimez votre flingue comme une femme car c'est le seul petit minou que vous pourrez vous cogner !»

François regarda son arme avec scepticisme, il n’avait jamais vu de vrai minou mais ce flingue ne ressemblait certainement pas aux minous de chez Dorcel. Il le toucha et l’arme se réchauffa, il posa son doigt sur la gâchette et, d’un coup, il eut une illumination divine : ça devait être ça qu’on appelait le clitorisme. Alors il se souvint de ses cours de jihad, il se rappela que le clitorisme rendait les femmes folles, dégénérées ! Sa caresse se fit brutale : il le tordrait, il le réduirait en bouillie ce putain de clitorisme ! Alors, le coup partit et la balle alla se ficher dans un bidon d’essence. Il y eut une explosion monstrueuse, une fumée noire aveugla François.


Quand la fumée se dissipa, il vit le camp jonché de cadavres. Seul un homme râlait encore. C’était l’instructeur. Il ouvrit un oeil mourant: « Tu nous as bien eus, tu as gagné. Mais qui t’envoie ? CIA ? Mossad ? Qui es-tu ? »
François pleurait comme un veau : « Je comprends pas : j’ai pas fait exprès, c’est la faute au clitorisme ! Moi je suis juste François, François Pignon
! »